Qu’est-ce que la preuve ontologique ?

lundi 2 septembre 2013, par theopedie

La preuve dite « ontologique » est un argument qui entend prouver de manière logique l’existence de Dieu : en analysant le concept de Dieu, on aboutit logiquement à son existence. Dans sa formulation la plus simple, celle-ci s’énonce ainsi :

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La preuve ontologique
... une preuve a priori
  1. Dieu est un être doté de toutes les perfections.
  2. Une perfection qui n’existe pas n’est pas parfaite.
  3. Donc, Dieu existe.

On parle encore de preuve « a priori » car cet argument ne prend comme point de départ que l’idée que nous avons a priori de Dieu. Aucune expérience, aucun regard particulier sur le monde n’est requis. À cause de sa concision formelle et des concepts employés, il est le plus célèbre des arguments en faveur de l’existence de Dieu, bien que sa validité soit généralement rejetée. Russell disait ainsi qu’il était bien plus facile de dire que l’argument était faux que de dire exactement où il pèche.

Histoire de l’argument

Cet argument remonte à Anselme de Cantorbéry, un moine du XIe siècle.

Anselme et la preuve ontologique
France Culture
gabrielshare

Nous croyons que tu es quelque chose de tel que rien de plus grand ne puisse être pensé. Est-ce qu’une telle nature n’existe pas, parce que l’insensé a dit en son cœur : Dieu n’existe pas ?7 Mais du moins cet insensé, en entendant ce que je dis : quelque chose de tel que rien de plus grand ne puisse être pensé, comprend ce qu’il entend ; et ce qu’il comprend est dans son intelligence, même s’il ne comprend pas que cette chose existe. Autre chose est d’être dans l’intelligence, autre chose exister. [...] Et certes l’Être qui est tel que rien de plus grand ne puisse être pensé, ne peut être dans la seule intelligence ; même, en effet, s’il est dans la seule intelligence, on peut imaginer un être comme lui qui existe aussi dans la réalité et qui est donc plus grand que lui. Si donc il était dans la seule intelligence, l’être qui est tel que rien de plus grand ne puisse être pensé serait tel que quelque chose de plus grand pût être pensé (Proslogion II).

Il a été ensuite popularisé par René Descartes, un philosophe du XVIIe siècle :

Au lieu que, de cela seul que je ne puis concevoir Dieu sans existence, il s’ensuit que l’existence est inséparable de lui, et partant qu’il existe véritablement : non pas que ma pensée puisse faire que cela soit de la sorte, et qu’elle impose aux choses aucune nécessité ; mais, au contraire, parce que la nécessité de la chose même, à savoir de l’existence de Dieu, détermine ma pensée à le concevoir de cette façon. Car il n’est pas en ma liberté de concevoir un Dieu sans existence (c’est-à-dire un être souverainement parfait sans une souveraine perfection), comme il m’est libre d’imaginer un cheval sans ailes ou avec des ailes (Méditations métaphysiques, méditation V, ).

Au vingtième siècle, Gödel a redonné une grande influence à cet argument en le présentant de manière formelle.

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La preuve de Gödel
(présentée de manière formelle)

1 Message

  • Qu’est-ce que la preuve ontologique ? Le 30 novembre à 19:59, par eric basillais

    Bonjour,

    votre article introductif est intéressant. Mais il y a du « nouveau » : la preuve de Gödel que vous exposez était une pétition de principe. Il fallait la revoir. Ce qui est fait ici (pdf gratuit) :

    https://ericbasillais.wordpress.com/pdf-a-telecharger/

    Le résultat ne change guère pour Dieu mais on obtient d’autres compléments : existence de Dieu (Acte pur d’Aristote), existences des anges, transcendance, nature potentielle du NIHIL (Puissance pure)...

    Bonne lecture

    Contacter l’auteur :

    eric.basillais@gmail.com

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