Qu’est-ce que la pénitence ?

lundi 15 juin 2015, par theopedie

La pénitence (pœnitentia) vient de pœnitere : regretter. Faire pénitence, c’est regretter et se repentir, c’est-à-dire avoir du mécontentement, du déplaisir, de la peine de quelque chose que l’on a fait ou que l’on a commis. On parle donc encore de repentance.

Le terme grec qui lui est associé est μετάνοια (métanoia), lequel signifie « changement de sentiment après réflexion ». Si les deux termes se distinguent significativement, toute véritable repentance comprend ces deux dimensions psychologiques : pour commencer une vie radicalement nouvelle, il faut aussi haïr sa vie passée. Le regret de la conduite tenue jusqu’alors et la détestation du péché sont pour ainsi dire la racine d’où sortent le renoncement au péché, ainsi que le propos et le commencement d’une vie nouvelle.

Non igitur, sive latine poenitentia, sive graece μετάνοια, novam solummodo vitam, sed et veteris odium vindictamque significat [1] (M. Cano, Relectio de pœnitentiæ sacramento, I).

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Importance de la pénitence

Le commencement et le fondement de la vie chrétienne sont

  • la pénitence des œuvres mortes, c’est-à-dire des œuvres coupables (les péchés),
  • et la foi en Dieu qui veut nous libérer de ces œuvres mortes par Jésus-Christ (Hébreux 6, 1).

« Faites pénitence » : c’est par cet appel qu’à l’exemple des prophètes, Jean le Baptiste a inauguré la prédication de la religion moderne qu’est le christianisme (Marc 1, 15). La pénitence pour la rémission des péchés doit être prêchée à tous les peuples (Luc 24, 47). Car la première condition pour entrer dans le royaume de Dieu est le regret du passé coupable et la ferme volonté de se convertir, c’est-à-dire d’amender sa vie. « Dieu ne veut pas qu’aucun périsse mais que tous retournent à lui par la pénitence » (2 Pierre 3, 9) et, par la moyen de la pénitence, opèrent leur salut. La pénitence, une sincère pénitence, est donc la condition pour obtenir le salut (Luc 13, 5).

Les longs siècles de l’histoire, chacun des jours de la vie humaine, chacune des heures de notre existence, ne sont à proprement parler qu’un délai accordé par la longanimité de Dieu, afin que les pécheurs fassent pénitence et, par de « dignes fruits de pénitence » (Luc 3, 8), méritent de participer à la béatitude. La bonté de Dieu conduit normalement l’homme à la pénitence et au désir de changer de vie. Si le pécheur rend inutile ce dessein de Dieu en méprisant la douceur, la patience et la longanimité divines, il n’échappe point pour cela à la punition, mais il « amasse un trésor de colère », c’est-à-dire qu’il augmente sa dette et sa responsabilité. Il se prépare un jugement plus sévère. Le plus grand de tous les maux ici-bas est donc l’endurcissement du cœur, un cœur impénitent (Romains 2, 4-5). Car pour arriver à la liberté et au ciel, il faut précisément cette pénitence que Dieu demande afin qu’il puisse faire miséricorde à l’homme coupable et lui pardonner ses péchés.

Notes

[1« Donc, qu’on le dise en latin (pœnitentia) ou en grec (métanoia), la pénitence ne signifie pas seulement une nouvelle vie, mais aussi la haine et détestation de son ancienne vie. »

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