Qu’est-ce que la générosité et la bienveillance ?

samedi 25 juin 2016, par theopedie

En bref : On parle d’amour de générosité (amour gratuit ou agape en langage théologique) par opposition à l’amour pulsionnel (amour de concupiscence ou eros).

La pulsion est un amour de soi à travers autrui, un amour où celui qui aime cherche essentiellement et délibérément son propre bien, sa propre perfection, et son enrichissement personnel. Son amour ne s’arrête pas à l’objet aimé comme à une valeur en soi : il ne fait que traverser l’objet pour revenir à soi. Au contraire, la générosité est un amour désintéressé : elle ne cherche pas d’abord une perfection pour son enrichissement, elle cherche le bien et la perfection de celui qu’elle aime car elle aime l’objet pour lui-même. Le sujet aimant comprend l’objet aimé apparaît comme une valeur en soi, digne d’être contemplée et cultivée comme une fin à laquelle on se réfère soi-même. L’objet aimé n’est plus un simple moyen pour un épanouissement personnel.

Ce n’est pas à dire que la générosité ne conduit pas à l’épanouissement personnel. Au contraire : dans la générosité, le sujet aimant trouve son propre épanouissement, mais il la trouve à titre de fin connexe et non pas comme un but premier. La générosité n’est pas un refus que le sujet oppose à toute forme de gratification personnelle. Elle peut constituer au contraire un enrichissement de sa propre valeur : en cherchant le bien de celui qu’il aime, le sujet se grandit lui-même, car il se comprend alors comme une plénitude d’être cherchant à épancher sa propre valeur pour le bien de celui qu’il aime. Mais, il est vrai, l’homme généreux trouve son bonheur dans une forme d’amour qui peut aller jusqu’au sacrifice de soi (abnégation). Seule la générosité peut expliquer le sacrifice de soi, car elle oblige à tout rapporter à l’objet de son amour et à trouver dans le don sa propre dignité. C’est là sans doute la manifestation la plus pure de la bienveillance : il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

En toute rigueur de terme, il ne peut y avoir de véritable générosité que dirigée vers une personne et un être vivant spirituel. Seule une telle réalité a suffisamment de dignité pour être reconnue à titre de fin et de but. On parlera alors de bienveillance : c’est la générosité dirigée vers une personne.

P.-S.

Les articles traitant de la Charité trouvent leur source dans :

  • La somme de Théologie IIa IIae et des notes du père Noble (Revue des Jeunes)
  • Cours de théologie morale (tome 2) du père Labourdette
  • du manuel d’introduction à la théologie (théologie morale) du Saulchoir

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