Qu’est-ce que l’argument du kalam ?

mercredi 4 septembre 2013, par theopedie

L’argument dit du « Kalam » provient de la tradition philosophique islamique. En arabe, « kalam » veut dire « mots, discussion, discours ». En se basant sur les travaux d’Aristote et sur la notion de « premier-moteur », Al-Kindi, Al-Ghazali et Ibn Rushd (Averroes) ont formalisé ainsi cette preuve :

  1. Tout ce qui a commencé à exister a une cause qui l’a fait existé.
  2. L’univers a commencé à exister.
  3. Donc, l’univers possède une cause qui l’a fait existé (un premier moteur).

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Dieu, premier moteur
La pichenette initiale par laquelle tout a commencé...

Cet argument a été repris dans la théologie chrétienne par Bonaventure et, au vingtième siècle, par William Craig qui l’a popularisé. On parle encore d’argument a posteriori, car cet argument à la différence de l’argument ontologique, part de l’observation du monde. La première étape (prémisse) provient ainsi de l’observation : on observe que certaines choses commencent à exister et ensuite disparaissent. À partir de là, on essaye de remonter à l’existence de Dieu (argument déductif). Pour bien comprendre cet argument, plusieurs choses demandent à être explicitées :

  1. La cause première que l’on cherche est la première d’une série de causes. Elle appartient donc à cette série.
  2. Cet argument présuppose que l’on ne peut remonter à l’infini dans la recherche des causes. Une série a forcément un commencement : elle a pour modèle l’ensemble des entiers naturels (N) et non pas l’ensemble des entiers relatifs (Z).
  3. Les termes de « commencer » et de « premier » indiquent que l’argument se place dans un cadre temporel. La première cause est aussi la première cause temporelle.

À partir de ces remarques, le philosophe Craig a explicité les prémisses sur lesquelles reposent l’argument du Kalam :

  1. Un nombre infini de choses physiques ne peut pas exister
  2. Une série sans commencement d’événements temporels implique l’existence d’un nombre infini de choses physiques (à savoir des événements).
  3. Donc, une série sans commencement d’événements temporels ne peut exister.

Il devient tentant d’assimiler alors le big-bang avec la chiquenaude initiale que Dieu a donné, créant ainsi l’univers.

L’argument du kalam
(www.epistheo.com)
Alexis Masson


Kalam Cosmological Argument
(Documentary on Craig’s argument)
drcraigvideos

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