Qu’est-ce qu’une faute morale ?

dimanche 18 août 2013, par theopedie

On peut définir la faute morale par ses conséquences : la faute morale est un acte qui blesse la condition humaine (faute) et qui offense celui qui l’a créée (péché). Le péché est donc une faute morale considéré sous un aspect religieux. Mais on peut aussi définir la faute morale de manière plus formelle : un comportement humain contraire à la morale. Expliquons chacun des termes.

Un comportement...

Cela peut être un acte, une parole. Il peut également s’agir d’une action qu’une personne n’a pas faite mais qu’elle aurait dû faire (par exemple, non-assistance à personne en danger). On parle alors de « faute par omission ». La faute peut aussi être un acte intérieur : une pensée ou un désir. Bien sûr, toutes sortes de pensées et de désirs nous traversent l’esprit à chaque instant et, même s’ils sont mauvais, ils ne sont pas pour autant des fautes. Mais si, au lieu de les laisser s’enfuir de notre esprit, nous les rappelons à notre souvenir afin de nous y complaire, les mauvaises pensées et les mauvais désirs deviennent des fautes.

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Dante et les cercles de l’enfer
Le péché blesse la condition humaine

...humain...

Le terme humain désigne ici un homme ou une femme suffisamment mûr pour pouvoir poser une comportement libre et éclairé. Si la personne est ignorante ou encore trop jeune (par exemple, si elle n’a pas atteint « l’âge de raison »), l’action peut être fautive, mais elle ne constitue pas une transgression. Elle donc moins une faute qu’une erreur. La personne est certes responsable de son acte mais, même si l’autorité morale doit corriger l’erreur, elle n’est pas pour autant coupable.

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La révolte des anges
Le Brun

...contre la morale.

Le terme de morale est à prendre au sens large et comporte des degrés. On peut distinguer :

  • la morale naturelle, celle qui surgit de manière spontanée du sein de la condition humaine. Chaque humain porte en lui-même le témoignage de sa propre conscience qui lui décrit certaines choses comme étant bonnes et d’autres comme étant mauvaises. En fonction des cultures, cette description peut certes varier, mais chaque humain possède de manière innée une telle conscience morale. C’est cette conscience morale que la culture va ensuite développer dans telle ou telle direction. C’est aussi cette conscience qui est la première forme de loi morale à laquelle l’homme se doit.
  • la morale traditionnelle. La plus célèbre de cette loi morale est le Décalogue (les dix commandements). Mais elle peut aussi être la loi du pays où l’on réside ou encore certaines habitudes culturelles ayant force de loi morale. Il s’agit généralement d’un code d’interdits et de coutumes à respecter, une sorte de morale en creux (tout ce qui n’est pas interdit est permis). En cas de conflit entre ces morales traditionnelles, une hiérarchie peut être posée : le Décalogue sert alors d’ultime référence.
  • l’idéal moral. C’est la morale enseignée par Jésus. Cette morale, moderne au sens propre du mot, n’est plus un code d’interdits à respecter. Elle vise au contraire une perfection à atteindre. Cette perfection est par exemple dans le sermon sur la montagne
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Malfalda
Conscience et loi morale

Saint Augustin définit la faute morale (péché) comme « une parole, un acte ou un désir contraires à la Loi éternelle ». L’adjectif « éternelle » permet d’affiner la notion de loi morale. La morale naturelle ou la morale traditionnelle peuvent en effet se tromper, et il peut y avoir une manière d’appliquer le Décalogue lui-même qui n’est pas morale : si quelqu’un devient conscient d’une erreur morale contenue dans le témoignage que lui apporte sa propre conscience ou contenue dans les lois de son pays, il a le devoir de suivre la morale que lui dicte la raison. Et telle est la loi éternelle. Pour les chrétiens, cette raison s’est pleinement manifestée en Jésus et dans l’idéal moral rapporté par l’Évangile.

Le péché qu’est-ce que c’est ?
Une autre approche, plus affective.
catholique45

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