Qu’est-ce qu’un sacrifice ?

jeudi 15 janvier 2015, par theopedie

En bref : Un sacrifice est l’oblation d’une réalité matérielle par sa destruction réelle ou une privation spirituelle, offerte à Dieu par un prêtre comme signe légitimement institué de l’adoration que l’homme doit à son créateur.

 Étymologie

Sacrifice vient du latin sacrificare : « consacrer » ou « faire du sacré ». Le sacrifice consiste donc à faire une action sacrée, c’est-à-dire une action qui se place dans un registre solennel et liturgique, et à l’offrir à Dieu. Le substantif « sacrifice » désigne tout d’abord l’acte d’offrir, puis la chose offerte, enfin, dans toute la plénitude de son sens, le don en tant qu’il est offert à Dieu par l’acte du sacrifice.

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Le sacrifice de la messe

 Raison du sacrifice

L’homme est créé pour la gloire de Dieu et il existe afin de l’honorer comme son maître et seigneur. Ce culte doit évidemment correspondre à la nature de l’homme : parce qu’il est spirituel et matériel, son culte doit être à la fois spirituel et matériel. Le culte ne saurait donc être limité à des actes intérieurs ni demeurer caché dans le secret de son cœur. Il faut aussi honorer Dieu par des actions extérieures qui n’ont pour d’autre but que de manifester sa gloire. Ce culte comprend l’offrande des biens extérieurs que l’homme possède et dont il peut disposer librement. En effet, ce n’est pas l’homme seul, mais toute la création qui existe en vue de la gloire de Dieu.

 Sacrifice extérieur et intérieur

Le sacrifice comprend une offrande sacrifiée, c’est-à-dire rituellement et réellement détruite ou transformée à la gloire de Dieu. Par le sacrifice, l’offrande est soustraite à l’usage des hommes et devient la propriété exclusive de Dieu : elle lui est « consacrée ». L’oblat sacrifié, en devenant victime, passe ainsi à l’état nouveau de réalité sacrée.

Mais ce sacrifice est un rite symbolique : le sacrifice matériel doit signifier un sacrifice intérieur et spirituel, c’est-à-dire l’acte d’adoration par lequel nous reconnaissons Dieu comme notre créateur et notre souverain. Le sacrifice intérieur consiste à donner à Dieu et à lui faire don de ce que nous sommes, de notre intelligence pour mieux le connaître, de notre volonté pour mieux le servir, de notre corps pour mieux lui appartenir. On comprend sans peine que le sentiment intérieur de respect et de soumission reste l’élément structurant du sacrifice. Le sacrifice extérieur et matériel est là pour exprimer et manifester le sacrifice intérieur :

Relativement à Dieu, l’homme est dans le rapport de la plus étroite dépendance : il lui doit service et obéissance. Or, cette relation essentielle et objective qui le rattache à Dieu comme à son Créateur, à son Seigneur et à sa fin dernière, l’homme la reconnaît librement et pratiquement par l’offrande intérieure de lui-même, c’est-à-dire en se déclarant d’esprit et de cœur prêt à se consacrer au service de la gloire du Très Haut son âme et son corps, sa vie et son être tout entier (Nicolas Gihr, Les sacrement, La messe, p277)

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Autel des sacrifices
Le temple de Jérusalem

 Éléments constitutifs

Le sacrifice doit donc avoir été institué : si le sacrifice extérieur est un symbole du sacrifice intérieur, il s’ensuit qu’il doit être posé comme telle par une convention sociale explicite. Ce n’est pas que le sacrifice soit un signe totalement conventionnel ou un symbole abstrait, mais, parmi les actes extérieurs que nous accomplissons et exprimant notre dévotion, il n’en est pas qui d’eux-mêmes soit suffisamment significatifs de l’honneur dû à Dieu.

Le sacrifice, étant institué par un acte social, est donc un acte du culte extérieur, public et social. Il est réalisé dans et au nom d’une société déterminée. Il faut donc que celui qui l’accomplit soit un représentant agréé (un prêtre) dans un édifice public (un temple).

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