Pourquoi les preuves de Dieu ne sont-elles pas convaincantes ?

vendredi 31 août 2012, par theopedie

Alors même que les démonstrations de l’existence de Dieu existent et sont relativement rigoureuses et valides, peu de personnes semblent être prêts à se laisser convaincre par elles. À cela, il peut y avoir plusieurs raisons. Le problème peut venir soit de celui qui démontre, soit de l’interlocuteur, soit de la démonstration elle-même.

1) Venant de la personne qui cherche à démontrer l’existence de Dieu, l’expérience montre que les principales critiques sont : soit des défauts intellectuels (simplification abusive ou vocabulaire trop technique), soit des défauts moraux (militantisme religieux). Il s’agit de démontrer l’existence de Dieu, non pas de démontrer que l’on a raison. Il y a là un chemin d’humilité intellectuelle.

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Parce que mes démonstrations sont trop ennuyeuses !

2) Venant de l’interlocuteur, le problème peut venir soit d’un a priori négatif ou d’une attente différente.

  • Une personne peut refuser de se laisser convaincre par une démonstration, alors même qu’elle en apprécie la valeur. Il y a là a priori négatif à l’œuvre, souvent justifié a posteriori par un hyper-formalisme. La personne cherche une imperfection, même minime, pour invalider l’ensemble de la preuve, oubliant que dans chaque discipline intellectuelle, il faut aussi connaître l’exigence légitime de rigueur qui est la sienne.
  • Beaucoup de personnes sont prêtes à croire, mais refusent de voire dans une démonstration intellectuelle un moyen de cheminement spirituel. La rigueur intellectuelle est jugée trop aride, trop desséchante. Ces personnes attendent probablement une expérience intime religieuse et non un discours : « Tu m’as vu parce que tu as vu et touché, [et pourtant] heureux ceux qui croient sans avoir vu » (Jésus parlant à Matthieu).

3) Concernant la démonstration, le problème peut venir soit d’un problème interne (invalidité logique), soit d’un problème externe. Par exemple, le choix du vocabulaire peut avoir son importance. Le terme de Dieu est par exemple un terme surdéterminé qui renvoie trop rapidement à la tradition monothéiste en général et à la tradition chrétienne en particulier. Signe de cette surdétermination, ce nom a changé de catégorie grammaticale au fil des siècles : dans l’antiquité, le mot Dieu était un nom commun (on disait « le Dieu »). Il est devenu aujourd’hui un nom propre : « Dieu ». C’est le nom de la personne à qui on s’adresse, le Père de Jésus Christ.

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Parce qu’il est difficile de mettre les choses en perspective...

Le problème vient de la démonstration qui, sans le vouloir, cherche à trop prouver. Il ne faut pas vouloir arriver le plus vite possible aux conclusions difficile si l’on veut respecter une pédagogie qui respecte le cheminement intellectuel des gens. Avant de vouloir comprendre un théorème d’algèbre, il faut déjà maîtriser les rudiments du calcul formel. Avant de prouver l’existence de Dieu, il faut déjà montrer qu’il existe un absolu, que cet absolu est unique, qu’il est un esprit créateur et que cet esprit créateur est bon, sage et éternel. C’est ensuite seulement que la problématique de Dieu intervient, avec la question de la révélation et de la Trinité. Certaines personnes seraient ainsi prêtes à croire en un esprit créateur, ce qu’il conviendrait déjà de prouver, avant de vouloir prouver l’existence de Dieu.

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