Pourquoi baptiser des bébés ?

mercredi 8 octobre 2014, par theopedie

En bref : Les textes bibliques suggèrent la possibilité d’un baptême pour les enfants et l’histoire de l’Église primitive confirme cette pratique : les enfants peuvent et doivent être baptisés. En effet, même s’ils n’ont pas encore l’usage de la raison et n’ont pas commis de péchés en acte, ils naissent dans une humanité et une société blessées par le péché et ils en sont marqués. Ils doivent donc renaître à une vie nouvelle, celle des enfants de Dieu, ce qui n’est possible qu’à travers la purification qu’apporte le baptême.

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Les enfants peuvent recevoir le baptême avant l’âge de raison : ce baptême est non seulement admissible mais utile et ordonné. Plusieurs raisons permettent d’attester ces points :

  • Le discrédit que l’on peut jeter sur les enfants à cause de leur jeune âge ne saurait avoir de fondement évangélique : Jésus lui-même prend les enfants comme modèle spirituel (Matthieu 19, 13 et parallèles). Dès lors, l’unique porte du ciel qu’est le baptême (Jean 3, 5) doit leur être ouverte.
  • Dieu veut que tous les hommes soient sauvés (1 Timothée 2, 4) et qu’aucun ne périsse (2 Pierre 3, 9). Cette volonté de Dieu s’étend à tous, y compris les enfants.
  • La circoncision faisait office de sacrement anticipant le baptême à venir et elle était même considérée comme un sacrement justifiant ex opere operantis. Or, la figure ne saurait avoir une plus grande puissance que ce dont elle est le signe. Ainsi, de même que la circoncision était opérée sur les jeunes enfants, de même le baptême peut-il leur être conféré.
  • Si la Bible ne rapporte explicitement aucun baptême d’enfants, elle en laisse entrevoir la possibilité. Jésus ordonne de baptiser les nations entières (Matthieu 28, 19), c’est-à-dire la société dans son ensemble. De même des familles entières ont été baptisées : Lydie et sa famille (Acte des Apôtres 16, 15), Stephanus et sa maison (1 Corinthiens 1, 16), et encore Acte des Apôtres 11, 14 et Acte des Apôtres 17, 31-32. (On invoque parfois Acte des Apôtres 18, 8 et Jean 4, 53 pour affirmer que les termes de maisonnée et de famille ne peuvent pas inclure les enfants car le contexte parle de « ceux qui croient ». Mais l’argument est fallacieux car, grammaticalement, il fait dépendre le sujet du verbe alors que c’est le verbe qui dépend du sujet).
  • Si la Bible laisse entrevoir la possibilité d’un baptême pour les enfants, cette possibilité est à son tour confirmée par l’histoire de l’Église la plus antique. C’est ainsi que saint Irénée reconnaît le baptême des enfants :
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Saint Irénée

He [Jesus] came to save all through himself ; all, I say, who through him are reborn in God : infants, and children, and youths, and old men. Therefore he passed through every age, becoming an infant for infants, sanctifying infants ; a child for children, sanctifying those who are of that age . . . [so that] he might be the perfect teacher in all things, perfect not only in respect to the setting forth of truth, perfect also in respect to relative age" (Against Heresies 2:22:4 [ wirtten around 189]).

Irénée (mort en 202), né dans une famille chrétienne aurait probablement été baptisé par Polycarpe, lui-même disciple de Jean l’évangéliste. Citons aussi parmi les documents antiques Hippolyte de Rome (La Tradition apostolique, 21,16, écrite vers 215). Origène, au troisième siècle, considère le baptême des enfants comme une tradition apostolique.

  • Quant à ses effets, le baptême peut et doit être conféré aux enfants : puisque par la chute d’Adam, les enfants sont atteints par la faute originelle, il faut que, par le don de la grâce de Jésus-Christ, ils puissent participer à la vie surnaturelle. Ce n’est point par un acte personnel, c’est uniquement parce qu’ils héritent d’une humanité blessée qu’ils sont déjà pris dans une logique de tentation et de péché. Ils doivent en être délivrés. De même qu’ils ont été blessés par une faute qui n’est pas la leur, il peuvent être sauvés en vertu d’une foi qui n’est pas encore la leur : la foi de leurs parents et de l’Église supplée ainsi à leur jeunesse jusqu’à ce qu’ils aient l’usage de la raison.

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Manuscrit de la Didachè

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