Pourquoi Dieu a-t-il permis qu’Adam et Eve soient tentés ?

mercredi 1er janvier 2014, par Paul Adrien d’Hardemare

En lisant l’histoire d’Adam et Ève, à constater la faute et la conséquence qui en a résulté pour l’humanité, nous pourrions avoir l’impression d’un manque de prudence ou de bonté de la part de Dieu : si Dieu est omniscient, comment ne pouvait-il pas ne pas savoir que l’homme allait chuter ? Et s’il le savait, pourquoi ne l’a-t-il pas empêché ? À l’inverse, fabriquer un paradis et mettre au centre du paradis un fruit défendu, n’était-ce pas tout préparer pour attiser la curiosité de l’homme ? n’était-ce pas l’inciter à pécher en lui mettant constamment sous les yeux ce à quoi il n’avait pas droit ?

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Adam et Eve dans la gueule du serpent
D’après la Bible, le premier commandement devint la première tentation qui devint le premier péché.

Une telle lecture oublie cependant plusieurs éléments du récit :

  • Adam n’avait jamais encore commis le mal et, de ce fait, sa volonté avait la force pour résister facilement aux tentations.
  • Dieu avait déjà fait à l’origine des dons extraordinaires à l’humanité.
  • Ce n’était pas pour s’amuser à éprouver la fidélité d’Adam que le fruit défendu était défendu, mais parce que ce fruit était vénéneux.

D’ailleurs, ce fruit, nous l’avons dit, ne représente pas tant un fruit qu’une science dangereuse à posséder : non pas la connaissance du bien et du mal, mais le mystère du bien et du mal. Voici ce que saint Thomas d’Aquin dit à propos de la tentation :

De même que Dieu savait que l’homme par la tentation allait tomber dans le péché, de même il savait que, par sa liberté, l’homme pouvait résister au tentateur. Or la condition de sa nature demandait qu’il fut laissé à sa propre volonté, selon cette parole de la Bible : « Dieu a laissé l’homme aux mains de son conseil » (Ecc 15,14). C’est pourquoi saint Augustin dit encore : « Il ne me semble pas que l’homme eût été digne de grande louange s’il pouvait vivre selon le bien pour cette seule raison que personne ne l’invitait à vivre mal, alors qu’il avait de par sa nature le pouvoir et, dans ce pouvoir, la volonté de ne pas consentir au tentateur » (De la genèse au sens littéral, II,4) (IIa IIae 165,1,3)

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Autrement dit, la grandeur de l’homme n’est pas seulement de vivre bien, mais de vivre bien et de vaincre le mal. Voilà pourquoi Dieu permit la tentation : pour que l’homme puisse atteindre sa propre grandeur. Il lui avait de plus donné une aide (la femme), un discernement moral et un bonheur paradisiaque, de façon à lui permettre de vaincre facilement la tentation.

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