Peut-on communier si l’on a péché ?

vendredi 5 décembre 2014, par theopedie

En bref : Si l’on a commis un grave péché, il faut se confesser avant de communier. Si l’on a commis un péché facilement excusable (véniel), on peut communier sans s’être confessé.

 Principe général

La condition essentielle pour recevoir de manière féconde l’Eucharistie est la pureté de l’âme, une conscience exempte de toute faute mortelle. On ne peut participer au saint banquet sans être revêtu de la « robe nuptiale » de la grâce sanctifiante et de la charité (Matthieu 22, 12).

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Les péchés véniels n’empêchent pas la communion...
....la preuve

Pour communier, il est encore requis de posséder soi-même la charité envers Dieu. C’est ce qu’on appelle être en état de grâce, c’est-à-dire en état d’amitié avec Dieu. Cela implique que l’on n’ait pas sur la conscience de péché qui serait totalement incompatible avec l’amitié divine. Il faut donc ne pas avoir commis de péchés qui sont graves en eux-mêmes mais que, en pleine connaissance de cause - soit par faiblesse, soit par habitude sciemment entretenue -, nous avons malgré tout voulu commettre. Tant que ces péchés n’ont pas été pardonnés, nous ne pouvons nous comporter avec Dieu comme si de rien n’était. « De Dieu, on ne se moque pas » nous dit l’Apôtre (Galates. VI.7). Communier, c’est prétendre vouloir être l’ami de Dieu, et même s’engager à vouloir l’aimer davantage, à progresser dans la ferveur, à marcher avec plus d’ardeur vers Lui (trouvé ici sur Internet).

Par conséquent, avoir de s’asseoir à la table du Seigneur, l’homme doit s’éprouver lui-même (1 Corinthiens 11, 28). Si on devait se trouver coupable de quelque chose, il est prescrit par un précepte d’Église d’aller se confesser avant de communier. On peut recevoir les autres sacrements après s’être excité à la contrition parfaite, mais ici cette contrition ne suffit pas, sauf circonstances exceptionnelles. Il faut recourir au moyen le plus sûr : l’excellence du sacrement y oblige. Rappelons ici que la confession au moins une fois par an est fortement conseillée.

S’il manque cet état de grâce nécessaire pour que se réalise l’union avec Dieu, la communion sacramentelle reste purement sacramentelle, c’est-à-dire spirituellement stérile. Dans le cas où le défaut de grâce est conscient ou coupable, la réception du sacrement n’est pas seulement stérile : elle constitue un péché grave et s’apparente à une profanation (traiter avec légèreté des choses saintes). On fera toutefois attention à ne pas majorer indûment une telle faute :

  • il existe des profanations plus graves.
  • au point de vue subjectif, cette gravité peut diminuer pour ceux-là qui s’approchent de la sainte table, non par bravade ou mépris, mais par faiblesse et crainte du scandale.

 Péché grave et véniel

Il faut faire la distinction entre péché grave (péché « mortel ») et péché moins grave (péché « véniel »). Même si la confession est hautement louable et obligatoire une fois par an, les péchés véniels peuvent être remis de bien des manières (1 Pierre 4, 8 ; 1 Jean 5, 16). En particulier en communiant à la messe. Le rite de pénitence et la prière du Notre Père sont d’ailleurs l’occasion pendant la messe de rappeler l’importance de la contrition et l’assurance de la miséricorde divine.

Pour les péchés mortels, il convient en revanche de se confesser de manière individuelle (une absolution collective ne saurait être suffisante en ce cas).

Qui a conscience d’être en état de péché grave ne célébrera pas la Messe ni ne communiera au Corps du Seigneur sans recourir auparavant à la confession sacramentelle, à moins d’un motif grave et qu’il ne soit dans l’impossibilité de se confesser ; en ce cas il n’oubliera pas qu’il est tenu par l’obligation de faire un acte de contrition parfaite, qui inclut la résolution de se confesser au plus tôt. Canon 916 du code de droit canonique

 Exception

D’après une opinion assez fondée et soutenue par la plupart des théologiens, les fautes mortelles sont parfois remises dans l’Eucharistie par la communication de la grâce justifiante. Tel est le cas, lorsque celui qui communie a au moins la contrition imparfaite de toutes ses fautes passées et que, par une erreur non coupable, il se croit en état de grâce.

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