Peut-on choisir ses qualités ?

samedi 24 août 2013, par theopedie

Les qualités de quelqu’un, sa force morale, sa lucidité, sa sagesse, etc. relèvent des penchants de son caractère, de son goût pour l’effort, pour la clarté, pour la compréhension intellectuelle, etc. Or, nos penchants sont des réalités vivantes : ils peuvent grandir et se développer, mais aussi dépérir et mourir. Tel homme qui, à trente ans, a un penchant pour la bonne nourriture, peut à cinquante ne plus en avoir aucun.

JPEG - 34.7 ko

Ainsi, parce que nos qualités sont sont des penchants vers l’excellence et la vertu, elles aussi peuvent être cultivées et se développer. Certes, la manière dont nos qualités naissent en nous est quelque peu obscur : quelle est la part de la nature ? quelle est la part de notre travail personnel ? Une chose semble pourtant sûre : aucune qualité, aucun penchant n’est totalement instinctif. En tant qu’hommes, nous n’avons d’ailleurs que très peu de véritables réflexes, et l’instinct n’est pas le propre de notre action.

Tous nos penchants et toutes nos qualités naissent ainsi avec notre action. Mais tandis que certains s’éveillent dès le plus jeune âge (nos qualités intellectuelle, en germe chez le nourrisson, mais déjà bien présentes), d’autres ne s’éveilleront que tardivement (nos qualités morales). De même, si certaines qualités nous semblent être des prédispositions innées, présentes en nous sans que nous n’ayons à les faire naître, d’autres demandent au contraire une discipline plus laborieuse pour voir le jour.

Toutefois, même dans le cas où une qualité serait facilitée sur un point particulier par une propension naturelle, elle devra être généralement être exercée avec d’autant plus de soin en tel autre domaine complémentaire pour lui faire porter du fruit. Einstein avait des qualités intellectuelles indéniables. Mais s’il avait un penchant probablement naturel pour l’intelligence physique du monde, il lui a fallu, pour exploiter cette tendance spontanée, travailler avec d’autant plus de labeur son penchant (modéré) pour les mathématiques.

Kagemusha - l’ombre du guerrier
Un malgrat qui devient un authentique noble.
(Bande annonce)
Raoul Gauguin

Au total, il semble que la part de notre travail personnel soit prépondérante dans l’acquisition de nos qualités. Même un homme doué d’un naturel sensible perdra sa sensibilité, si elle n’est pas suffisamment cultivée. Inversement, même un homme brutal, en travaillant sa sensibilité, développera un certain goût et un certain sens artistique. Cet homme ne sera peut être pas un génie, mais si le génie de se commande pas, la grâce et la sensibilité se travaillent et s’obtiennent. Autre est le génie, autre est la qualité. Disons-le : oui, on peut choisir ses qualités psychologiques.

Répondre à cet article