Par le baptême, devient-on toujours catholique ?

samedi 20 septembre 2014, par theopedie

En bref : Tout baptisé devient membre de l’Église catholique, même s’il appartient à une tradition non-catholique. Ce n’est que lorsqu’il pose un choix libre et conscient d’appartenir à une autre Église qu’il se sépare de l’Église catholique.

Par le baptême, le baptisé est incorporé à Jésus-Christ, c’est-à-dire à l’Église visible qui est le corps mystique de Jésus Christ, et il est incorporé non point seulement spirituellement et d’une manière invisible, comme seulement par un acte intérieur de foi, mais aussi extérieurement et d’une manière sensible, par le rite sensible lui-même.

Car nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit en un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit.

1 Corinthiens 12, 13

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Retable des sept sacrements
Le baptême, la confirmation, la pénitence
(Attribué à Weyden)

Dans le baptême, par l’action mystérieuse de l’Esprit Saint, nous entrons dans un organisme vivant, dans l’unité du corps mystique ou spirituel de Jésus-Christ, - l’Église visible (Acte des Apôtres 2, 41). Comme Jésus-Christ en est la tête, l’Esprit Saint en est le coeur : à ce titre, il est le lien caché de l’unité que le baptême manifeste de manière visible (Ephésiens 4, 4-5) et qui subsiste dans l’Église catholique.

Can. 204 – § 1. Les fidèles du Christ sont ceux qui, en tant qu’incorporés au Christ par le baptême, sont constitués en peuple de Dieu et qui, pour cette raison, faits participants à leur manière à la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ, sont appelés à exercer, chacun selon sa condition propre, la mission que Dieu a confiée à l’Église pour qu’elle l’accomplisse dans le monde.

§ 2. Cette Église, constituée et organisée en ce monde comme une société, subsiste dans l’Église catholique gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques en communion avec lui.

[...]

Can. 208 – Entre tous les fidèles, du fait de leur régénération dans le Christ, il existe quant à la dignité et à l’activité, une véritable égalité en vertu de laquelle tous coopèrent à l’édification du Corps du Christ, selon la condition et la fonction propres de chacun.

Can. 209 – § 1. Les fidèles sont liés par l’obligation de garder toujours, même dans leur manière d’agir, la communion avec l’Église.

En conséquence, le baptême confère à tous les fidèles certains droits et devoirs. Notamment,

  • droit de recevoir, à travers le culte, la grâce sacramentelle ;
  • devoir d’obéir aux commandements divins.

Aspect œcuménique

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Le rite du bapteme
Mosaïque romaine

En quelque lieu et par quelque ministre le baptême soit administré, il l’est ex opere operato et non ex opere operantis : il dépend de la grâce du Christ et non du mérite de celui qui le reçoit ou de celui qui le donne. Tous ceux qui le reçoivent validement sont dont incorporés à la seule Église authentique que l’Église catholique manifeste de façon visible. Le baptême est et reste la propriété des apôtres (Matthieu 28, 17-19) et de leurs héritiers. Un baptisé devient donc catholique, et non luthérien ou anglican par exemple.

Baptimus qui datur ab haereticis in forma Ecclesiae, baptismus est et baptismus Ecclesiae, qui regenereat filios Ecclesiae, non haeresi, generat etiam filios in Christos.

Le baptême conféré par des idéologues (chrétiens hérétiques) mais à la manière de l’Église est un vrai baptême et un baptême ecclésial, lequel régénère des fils de l’Église et non des chrétiens idéologues. Par là il engendre des fils dans le Christ. (saint Bonaventure, Dist.. 4.5.2.2)

Les enfants qui, hors de l’Église catholique, ont été validement baptisés, ne deviennent donc vraiment membres d’une communauté séparée ou idéologue qu’au moment où, ayant atteint l’âge de raison et en connaissance de cause, il entrent librement et d’une manière coupable dans cette communauté. La conversion des non catholiques n’est donc, à proprement parler, qu’un retour à l’Église véritable.

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