Par la pénitence, nos vertus nous sont-elles rendues ?

mercredi 1er juillet 2015, par theopedie

En bref : Il est écrit dans la parabole (Lc 15, 22) que le père du fils pénitent ordonna de lui mettre « la première robe » qui, d’après S. Ambroise, représente « le vêtement de la sagesse » avec laquelle nous arrivent toutes les vertus, selon cette parole (Sg 8, 7) : « Elle enseigne la sobriété et la justice, la prudence et la vertu, biens plus utiles qu’aucun autre à notre vie d’hommes. » C’est donc que, par la pénitence, toutes les vertus nous sont rendues.

 Explication :

Les péchés sont remis par la pénitence, nous l’avons dit. Mais la rémission des péchés ne se fait pas sans l’infusion de la grâce, d’où il suit que la grâce est réintroduite en notre âme par la pénitence. Or, de cette grâce, procèdent toutes les vertus surnaturelles, comme toutes les facultés de l’âme découlent de son essence, nous l’avons établi dans la deuxième Partie. Il faut donc admettre que toutes les vertus nous sont rendues par la pénitence.

 Objections et réponses :

1. Les vertus perdues ne pourraient nous être rendues par la pénitence que si celle-ci était leur cause. Or la pénitence, étant elle-même une vertu, ne peut être la cause de toutes les vertus. Elle le peut d’autant moins que certaines vertus ont sur elle priorité de nature, comme la foi, l’espérance et la charité, on l’a dit précédemment. Donc les vertus ne nous sont pas rendues par la pénitence.

  • La pénitence nous rend les vertus de la même manière qu’elle est cause de la grâce, nous venons de le dire. Or elle est cause de la grâce en tant que sacrement, car en tant que vertu elle est plutôt effet de la grâce. Il s’ensuit, non que la pénitence en tant que vertu est cause de toutes les autres vertus, mais que l’habitus de la pénitence nous est donné par le sacrement en même temps que les habitus des autres vertus.

2. La pénitence consiste en certains actes du pécheur. Or les vertus surnaturelles ne sont pas l’effet de nos actes car, dit S. Augustin « l’opération de Dieu produit, sans nous, les vertus en nous ». C’est donc que la pénitence ne nous rend pas les vertus.

  • Dans le sacrement de pénitence les actes humains tiennent lieu de principe matériel ; le principe formel de ce sacrement se trouve dans l’exercice du pouvoir des clés qui est cause de la grâce et des vertus, mais seulement cause instrumentale. Quant aux actes du pénitent, si le premier, la contrition, tient lieu de disposition dernière à la réception de la grâce, les actes suivants procèdent déjà de la grâce et des vertus.

P.-S.

(Article tiré de Thomas d’Aquin, III, 89,1 )

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