N’est-on épanoui que lorsque l’idéal est enfin possédé ?

lundi 28 septembre 2015, par theopedie

En bref : St. Augustin dit encore : « s’épanouir, c’est s’unir à une réalité par amour de cette réalité » Or ceci peut avoir lieu même avec un objectif qu’on n’a pas encore atteint. Donc, on peut s’épanouir aussi d’un idéal non encore atteint.

L’épanouissement implique une relation entre la liberté et l’idéal ultime, dans la mesure où la liberté place en quelque réalité son idéal ultime. Mais on peut posséder un idéal de deux façons : parfaitement, c’est-à-dire si on le possède non seulement en intention mais aussi de fait ; imparfaitement, au cas où on ne le possède qu’en intention. Il y a donc épanouissement en plénitude lorsque un idéal est possédé de fait. Mais il y a encore épanouissement imparfait, si un idéal n’est pas possédé de fait, mais seulement en intention.

Objections et solutions :

1. St. Augustin écrit : « L’épanouissement consiste à utiliser avec jouissance non de l’espoir d’une réalité, mais déjà de la réalité elle-même. » Or, aussi longtemps qu’on ne possède pas une réalité, celle-ci ne donne pas d’épanouissement, mais seulement de l’espoir. Il n’y a donc épanouissement que d’un idéal possédé.

• St. Augustin parle d’épanouissement en plénitude.

2. Il n’y a proprement épanouissement que de l’idéal ultime, on vient de dire, car seul un tel idéal délecte notre aspiration. Or celle-ci ne peut se délecter que lorsque notre idéal est atteint. Il ne peut donc y avoir d’épanouissement au sens propre qu’à l’égard de l’idéal possédé.

• Notre liberté peut être doublement empêchée de se délecter ; soit du côté de l’objectif, parce qu’il n’est pas l’idéal ultime mais est ordonné à quelque réalité d’autre ; soit de la part de celui qui souhaite l’idéal, s’il ne l’a pas encore atteint. Or, c’est l’objectif à atteindre qui caractérise au sens propre un fait, tandis que la manière d’agir qui rend le fait parfait ou non ne le caractérise pas en propre car elle tient à la condition de l’agent. Donc, en ce qui concerne la manière d’agir, on ne peut parler au sens propre d’épanouissement, puisqu’il ne réalise pas au sens propre l’idée spécifique d’épanouissement. Tandis qu’à l’égard d’un idéal ultime qui ne serait pas possédé, il y aurait quand même un épanouissement au sens propre, quoique partiel à cause de la façon partielle dont cet idéal ultime est possédé.

3. L’épanouissement, c’est cueillir le fruit, mais cela n’est possible que lorsque l’idéal est déjà obtenu ; il n’y a donc pas d’épanouissement sans cette possession.

• On dit que quelqu’un reçoit ou possède l’idéal quand il le fait non seulement en réalité, mais même lorsqu’il le fait en intention, comme on vient de la dire.

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