Les sacrements sont-ils des symboles ?

vendredi 27 juin 2014, par theopedie

En bref : Un symbole est une chose à laquelle est attribuée, par un acte de la volonté, une signification déterminée. Les sacrements existent de par une convention humaine et non par nature. Ils sont donc des symboles. Plus exactement, ce sont des images qui ont été posées comme symboles.

Le signe naturel est une chose qui, de par sa structure ou son apparence, fait penser l’esprit à une autre réalité en raison d’une logique intrinsèque. Ainsi, l’effet est-il signe de la cause, et les créatures visibles sont signes de leur créateur.

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Signes et sacrements

 Des images symboliques

Néanmoins les sacrements ont été institués par une convention humaine : c’est-à-dire que ce sont des hommes qui les ont fait naître. Les sacrements ne sont donc pas des signes naturels. Mais ils ne sont pas pour autant des symboles arbitraires : ce sont plutôt des images symboliques (signa symbolica) de la consécration intérieure de l’homme au Christ. La sagesse divine, qui dispose tout avec douceur, n’a point pris au hasard les choses qui devraient servir de signes sacramentels : elle a choisi celles qui, par leur efficacité et leurs propriétés naturelles, ont une certaine ressemblance, une similitude quoique éloignée, avec la grâce du Christ et qui sont propres, dès lors, à représenter la grâce d’une manière plus saisissable à l’esprit humain, pour en donner une connaissance plus claire et plus facile.

La chose matérielle représente en vertu d’une certaine qualité naturelle, mais signifie par une convention (institutione) qui lui est surajoutée (Hugues de Saint Victor, De sacram.)

Et saint Thomas commente ainsi :

Les choses sensibles ont par leur nature une certaine aptitude à signifier des effets spirituels ; mais cette aptitude encore indéterminée est précisée par l’institution divine qui lui donne une signification particulière. C’est ce qu’entend Hugues de Saint-Victor lorsqu’il dit que « le sacrement signifie en vertu de l’institution ». Cependant Dieu a choisi certaines réalités de préférence à d’autres pour les significations sacramentelles, non qu’il limite son action à ces seules réalités, mais afin que la signification soit mieux adaptée. (III,64,2,2)

 Des symboles pédagogiques

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Les sacrements comme outils pédagogiques

Saint Augustin insiste sur le caractère imagé des sacrements : « si les sacrements n’avaient pas une certaine ressemblance avec les réalités dont ils sont signes, ils ne seraient pas des sacrements » (Ad Bonif.). Cette nécessité doit s’entendre de la pédagogie que Jésus a voulu introduire dans l’ordre du salut. Il a montré sa divine sagesse en choisissant pour signes sacramentels des symboles quasi naturels, afin de nous révéler et de nous rendre en quelque sorte perceptible ce qu’il y a de spirituel et d’invisible dans les sacrements.

Quemadmodum igitur in Baptismo ablutio exterior per aquam exhibetur, ut ablutio interior per Spiritum significetur, sic etiam in Eucharistia panis et vinum seu potius panis vinique species in conspectu ponuntur, ut corpus et sanguis Domini cibus ac potus animarum esse intelligantur et ad eumdem modum in sacramentis ceteris id necessario sacramenti natura postulat, un externa signa ad spiritualem effectum apte repraesentandum exhibeantur (Bellarmin, De poenit. 1,1,C11.

Par les symboles naturels et par les actes symboliques qui concourent à constituer les signes sacramentels, ce qu’il y a de plus mystérieux dans le culte chrétien - la grâce invisible et la consécration intérieure - est clairement représenté et mis à la portée des simples fidèles.

P.-S.

La principale source de cet article est le livre de Nicolas Gihr, Les sacrements, 1900.

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