Les sacrements sont-ils des signes ?

mercredi 25 juin 2014, par theopedie

En bref : Les sacrements ont été institués pour être des signes.

Les sacrements sont par nature des signes, c’est-à-dire : ils sont destinés à nous faire connaître autre chose qu’eux-mêmes. Cela leur vient de leur institution même :

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Signes et sacrements

Les sacrements existent de par une institution, et ils ont été institués pour signifier. Donc leur signification leur est essentielle (saint Bonaventure, IV dist.).

Le cas le plus évident est l’institution de l’eucharistie (« Ceci est mon corps, ceci est mon sang »), mais, toutes choses égales par ailleurs, la même remarque vaut pour les autres sacrements.

 Relation entre mystère et signe

Puisque les sacrements représentent quelque chose d’éternel, ils ont un caractère mystique, c’est-à-dire mystérieux. Et c’est précisément ce qui invite à chercher et à examiner, et par suite, ce qui stimule la connaissance religieuse, la foi, sans laquelle les sacrements ne pourraient produire leurs effets.

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Signes et sacrements

On peut d’abord appeler sacrement une chose ayant en soi une réalité sacrée cachée, et alors sacrement équivaut à « secret caché » (définition d’Isidore de Séville) ; mais on peut encore appeler sacrement ce qui est en relation avec cette réalité sacrée, comme cause, comme signe, ou sous tout autre rapport. (Thomas d’Aquin, III,60,1)

 Relation entre sacrement et contenu de la foi

Pour les chrétiens, c’est Jésus-Christ qui révèle le dessein caché du Créateur pour sanctifier et libérer les hommes, et il n’y a pas d’autre nom qui sauve sinon lui (Actes des Apôtres). Étant eux-mêmes moyens de salut, il ne saurait être question de considérer les sacrements comme étant surajoutés aux mystères du Christ. Une seule catégorie permet de relier des choses historiquement distinctes : la catégorie de signe.

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False ! From a religious point of view (and perhaps from any point of view), everything is a sign, but it has still to be interpreted as a sign

Par le signe, il y a identification entre le sacrement et le mystère du Christ : cette identification n’est pas naturelle (la structure du sacrement n’est pas naturellement la structure salvifique) mais spirituelle (c’est l’esprit qui identifie et unit les deux structures en les comparant). C’est-à-dire que l’identification se produit sur le seul plan de la connaissance. Elle n’existe que pour le connaissant.

Ceci ne revient toutefois pas à dire que le sacrement n’est qu’un signe ayant valeur subjective. Les sacrements sont certes des signes symboliques, mais des signes ayant valeur objective, et non pas seulement subjective. Un signe est un signe signifiant objectivement telle chose, même si personne ne parvient à le déchiffrer (par exemple la pierre de Rosette). En effet, la valeur de signe est objectivement attachée à une chose dès lors que cette chose a été choisie pour telle signification. Choisir la signification d’un signe n’appartient pas à celui à qui s’adresse ce signe (à moins de ré-instituer ce signe), même si seul ce dernier a la capacité de le connaître et le l’interpréter.

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