Les sacrements sont-ils des signes performatifs ?

samedi 28 juin 2014, par theopedie

En bref : Les sacrements sont des signes performatifs : le fait de les poser suffit à réaliser ce qu’ils signifient, à savoir la consécration de l’homme à Dieu.

La notion de signes performatifs (à opposer à la notion de signes constatifs) vient des travaux d’Austin. Quoiqu’il en soit de la robustesse de cette notion linguistique et de ses développement en locutoire/illocutoire/perlocutoire, qu’il nous suffise ici de dire qu’un signe performatif est un signe qui, lorsqu’il est produit dans les circonstances adéquates, entraîne la réalisation de ce qu’il dénote. Par exemple : énoncer une promesse entraîne la réalité de cette promesse.

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La linguistique, une science occulte

Les sacrements sont de tels signes performatifs : le fait de les produire dans les circonstances adéquates entraîne la réalité de ce qu’ils dénotent, à savoir la grâce et la consécration de l’homme engagé dans ces signes. C’est là le sens de la formule ex opere operato.

Dans le cas de l’homme, le signe n’est pas performatif en ce sens qu’il réaliserait lui-même son signifié ; mais en ce sens qu’il est destiné à ordonner la volonté de celui qui le reçoit à réalisé le signifié. Dans le cas où le significateur est Dieu, sa parole est réalisatrice (Jean Hervé Nicolas, Synthèse dogmatique)

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Signe performatif royal
L’échange sacramentel des consentements

Ainsi, les sacrements ne sont pas seulement des signes sacrés, mais ils sont aussi des signes qui consacrent (signa sacrantia et sanctificantia), puisqu’en vertu de leur institution divine, ils ont pour but de signifier théoriquement la grâce et la consécration de l’homme et de l’opérer pratiquement.

Ainsi les sacrements de la loi nouvelle sont-ils à la fois des causes et des signes ; d’où cet adage : « Ils réalisent ce qu’ils représentent. » Il en ressort aussi qu’ils ont parfaitement raison de sacrement en tant qu’ils ordonnent à quelque chose de sacré non seulement par mode de signe, mais encore par mode de cause. (Thomas d’Aquin, III,62,1,1)

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