Les sacrements sont-ils des icônes ?

dimanche 29 juin 2014, par theopedie

En bref : Les sacrements sont des icônes à double titre : au titre de leur mécanisme symbolique et au titre de leur contenu.

 Mécanisme iconique du sacramentelle

Nous avons dit, en parlant de la nature symbole des sacrements, que leur signification était établie sur un double mécanisme : une propriété naturelle et une convention instituée.

La chose matérielle représente en vertu d’une certaine qualité naturelle, mais signifie par une convention (institutione) qui lui est surajoutée (Hugues de Saint Victor, De sacram.)

Ainsi, l’eau du baptême signifie l’ablution par l’Esprit Saint :

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Les différents types de signes
  • en vertu de la propriété naturelle de l’eau qui lave, image de l’ablution spirituelle ;
  • en vertu d’une convention humaine qui précise explicitement que l’ablution est divine et intérieure (je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit).

Dans la théologie classique, on parle à ce propos d’images symboliques (signa symbolica). En linguistique moderne, on parle davantage d’icône : une icône est un signe institué qui a pour propriété d’imiter matériellement ce à quoi il réfère. On retrouve exactement, mais en terme plus moderne, la définition d’Hugues de Saint Cher. Rappelons ici la distinction entre signal, symbole et icône :

  • Signal : Fait qui a été produit artificiellement pour servir d’indice
  • Symbole : Signal qui, de par sa forme ou sa nature évoque spontanément dans une culture donnée quelque chose d’abstrait ou d’absent. C’est une représentation fondée sur une convention qu’il faut connaître pour la comprendre.
  • Signe artificiel qui a pour propriété d’imiter perceptuellement ce à quoi il réfère.

(trouvé ici sur Internet)

 Contenu iconique des sacrements

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Sacrement et icône
L’Église de Savannah

Comme son nom l’indique, le sacrement est un signe sacré dans toute la plénitude du sens de ce mot : c’est-à-dire sacré en lui-même et en raison de la chose signifiée (signum sacrum rei sacrae). Tout d’abord les sacrements sont sacrés, en tant qu’ils appartiennent au culte chrétien ou au service de Dieu, en tant que rites ou cérémonies.

Mais surtout, ils sont appelés saints et sacrés parce qu’ils expriment sensiblement une chose sainte et sacralisante : sacramentum sunt quaedam sensibilia signa invisibilium regnum quibus homo sanctificatur (Thomas d’Aquin III,61,3). Au nombre de ces choses saintes et sanctifiantes, exprimés par le signe sacramentels, il faut mettre d’abord la grâce intérieure et le caractère spirituel qui, conjointement, consacrent l’homme et lui donnent la perfection de la sainteté. Les sacrements désignent donc la consécration de l’homme à Dieu, et c’est pourquoi ils sont signes d’une chose sacrée, en tant que cette chose nous consacre.

P.-S.

La principale source de cet article est le livre de Nicolas Gihr, Les sacrements, 1900.

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