Les évangiles sont-ils confirmés par l’histoire et l’archéologie ?

dimanche 24 novembre 2013, par Paul Adrien d’Hardemare

Pour savoir si les évangiles sont fiables, nous pouvons nous donner plusieurs critères : l’authenticité textuelle, la cohérence interne, l’ancienneté, etc. Parmi ces critères, un critère externe particulièrement simple et pertinent est le suivant : est-ce que ce que les évangiles racontent converge avec ce que nous savons par ailleurs de l’histoire antique et avec ce que l’archéologie nous apprend ? Autrement dit, est-ce que les évangiles sont historiquement précis ?

Does Archaeology Support the Gospels ?
The fifth in a series of presentations
on « Making the Case for Christ, »
based on Lee Strobel’s book,
« The Case for Christ »
Jared Byrns

Bien sûr, ce que nous savons de l’histoire antique ne nous permettra jamais de valider le message spirituel de l’évangile. De même il ne sera jamais possible de corroborer chaque détail de l’évangile par une source antique non-chrétienne corres pondante. Mais, ces limites étant posées, nous pouvons nous interroger sur une convergence globale. Et, bien évidemment, plus les détails convergeront, plus nous pourrons dire que les évangiles sont historiquement précis.

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Poleitarchon
Vestiges archéologique

Or tel semble être le cas. Concernant la figure même de Jésus, son existence, sa renommée et sa mort, nous avons dit que le récit des évangiles était sans aucun doute possible historique : nous avons en effet des sources externes (Flavius Josèphe en particulier) qui attestent de son existence. De même pour Jean le Baptiste. Mais nous avons aussi beaucoup d’autres détails qui sont attestés par l’histoire antique et par l’archéologie :

  • Les rois et gouverneurs mentionnés par l’évangile sont connus par ailleurs : Hérode, Ponce Pilate, Phillipe le tétrarche d’Iturée, etc.
  • Luc (Lc 3,1) parle encore de Lysanias, le tétrarche d’Abilène. Une référence à ce Lysanias se retrouve chez Flavius Josèpeh (Guerre des jufis, II,xii,8). De même, Quirinius, un gouverneur mentionné par Luc et dont l’existence était remise en cause, est mentionné sur des pièces romaines récemment découvertes.
  • Dans Ac 17,6, une mention qui posait problème à propos de « politarches » de Thessalonique. Ce nom technique semblait poser problème jusqu’à ce qu’on retrouve des mentions de ce terme dans des ruines antiques.

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Pièce à l’effigie de Lysanias

  • Les évangiles parlent d’un même événement se passant à l’entrée de Jéricho (Luc) et à la sorte de cette même ville (Matthieu et Luc). L’archéologie montre toutefois que le site de Jéricho était une juxtaposition de cités. De même, concernant la ville de Nazareth et dont on pensait qu’elle n’existait pas : des traces de cette ville ont été retrouvées dans les documents juifs de cette époque. On pense aussi avoir retrouvé son cimetière (estimé à 500 personnes).
  • Le recensement par César Auguste et reportés en Luc 2 correspond à une pratique attestée par l’empire romain en 48 et en 104. La taille de l’empire romain empêche toutefois de comparer davantage cette date avec celle de l’évangile (nous ne savons pas combien de temps durait un recensement).
  • Jean parle d’une piscine appelée Bethesda. Au XIXe siècle, nous avons retrouvé une piscine avec 5 porches, qui pourrait correspondre à cette piscine. D’autres découvertes archéologiques confirment l’existence de scènes évangéliques : le Puit de Jacob ; la piscine de Siloé ; Gabbatha.
  • La crucifixion et les détails qui en sont donnés dans les évangiles coïncident avec ce que nous savons de cette torture alors pratiquée par les Romains.

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La piscine de Bethesda

En dehors de ces attestations archéologiques, il existe encore des reliques dont l’authenticité semble probable :

  • la maison de saint Pierre à Capharnaüm
  • le suaire de Turin dans lequel Jésus aurait été enveloppé lors de son enterrement.

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