Les crises de foi sont-elles inévitables ?

dimanche 10 novembre 2013, par theopedie

Trop d’adultes vivent encore - et forcément mal - sur une foi d’adolescent, quand ce n’est pas sur un foi d’enfant. Il est rare que, dans ces cas, la foi ne finisse par devoir traverser un état de crise. Il arrive en revanche que l’action de Dieu brûle les étapes : saint Thérèse de Lisieux, vivant déjà d’une foi d’adulte, pendant son enfance. Les crises de foi sont donc évitables, si rien n’a entravé le libre épanouissement de la foi. Au contraire, si le développement de la foi s’est trouvé ralenti ou contrarié, une crise ultérieure semble difficilement évitables.

La difficile transmission de la foi
Une bonne catéchèse reste encore
la meilleur façon de surmonter les crises
catholique45

Il y a des crises mortelles et des crises de croissance. Le passage critique d’un âge de la foi à un autre sera crise mortelle si, dans l’éducation de la foi, on a entrepris de construire fallacieusement sur des éléments ambigus de la foi enfantine ou adolescente, sans laisser entrevoir la synthèse ultérieure et croyant par là évacuer tout risques. Toute croissance humaine comporte ses risques et doit les intégrer positivement. La foi n’y échappe pas. En cas de stagnation spirituelle, il arrive même que ce soit un devoir de provoquer des ruptures qui détermineront des crises afin de hâter le passage à l’état adulte.

L’accompagnement des crises de la foi est difficile et très exigeante. En plus des qualités humaines (discrétion et sagesse humaine), il faut parvenir à dénouer les éléments de crise en cultivant un climat intellectuel sain et en soutenant la construction de la personnalité.

P.-S.

Cet article est extrait de : Initiation théologique (Manuel du Sauchoir, tome III, 1955).

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