Les apôtres ont-ils pratiqué des confessions ?

dimanche 21 juin 2015, par theopedie

En bref : Il n’y avait pas de pratiques codifiées et ritualisées de la confession au temps des apôtres (en tout cas, nul document n’en fait mention), mais le Nouveau Testament montre que certaines pratiques relevant déjà du pouvoir des clés existaient déjà.

 Saint Paul

Quand l’apôtre passait, les croyants que des fautes graves venaient inquiéter venaient trouver réconfort auprès de lui (Acte des Apôtres 19, 18). De même, si l’on signalait, par lettres, à Paul absent, de graves scandales, celui-ci répondait en édictant des peines (1 Corinthiens 5 ; 1 Timothée 1, 20) et aux repentants, il envoyait le pardon (2 Corinthiens 2, 5-8). Ces pratiques, que Paul effectue en sa qualité d’apôtre des païens, montre qu’il se sentait lui aussi investi du pouvoir des clés.

Bien plus, ce don de pardonner les péchés fait aux apôtres ne devait pas cesser avec eux. Le Nouveau Testament montre ainsi comment saint Paul pourvut à sa propre succession. Les Églises qu’il avait fondées, initialement dépourvues de discipline ecclésiastique autonome, furent peu à peu dotées par Paul d’épiscopes capables d’administrer le pardon en bons intendants de la grâce (1 Timothée 5, 20-24). Ainsi, Timothée est appelé à juger les pécheurs : ceux dont les péchés publics sont connus avant le jugement, comme ceux qui traînent après eux leurs péchés secrets. Successeur de saint Paul, il hérite du pouvoir des clés.

 L’Eglise de Jérusalem

De plus, bien avant que les jeunes Églises pauliniennes aient pu pallier à l’absence de tribunal pénitentiel, il semble que l’Église de Jérusalem était déjà, sur ce point, pourvue d’une discipline propre.

L’un de vous est-il malade ? Qu’il fasse appeler les anciens de l’Eglise, et qu’ils prient après avoir fait sur lui une onction d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient ; le Seigneur le relèvera et, s’il a des péchés à son actif, il lui sera pardonné. Confessez-vous donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin d’être guéris. La requête d’un juste agit avec beaucoup de force.

Jacques 5, 14-16

On soulignera l’incise : « Confessez-vous donc vos péchés les uns aux autres ». Dans le grec du Nouveau Testament, l’expression « les uns les autres » n’implique pas toujours parité d’action réciproque. Elle signifie quelquefois une réciprocité d’actions hiérarchisées où supérieurs et inférieurs n’ont pas les mêmes rôles (Ephésiens 5, 21-6, 5). Certes, cette phrase ne saurait être trop vite interprétée dans le sens d’une confession sacramentelle entre prêtres et fidèles, mais elle incline tout de même à penser qu’il existait dans l’Église de Jérusalem une habitude et un rite de pénitence.

On notera encore les appels à la pénitence de saint Jean aux évêques des Églises de l’apocalypse.

Avec le développement de l’Église apostolique, la pénitence devient peu à peu une pratique établie.

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