Le sacrements ne sont-ils que des rites ?

mercredi 17 octobre 2012, par theopedie

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Le rite du bapteme
Mosaïque romaine

Un rite est un ensemble précis et codifié de gestes. Il peut y avoir des rites en matière de religion (un chapelet, etc), mais il peut y avoir également des rites dans d’autres aspects de la vie quotidienne (un repas familial, etc).

De ce point de vue, les sacrements sont bien des rites car ils sont tous définis comme un ensemble précis et codifié des gestes et de paroles. Par exemple, pour qu’un baptême soit un vrai baptême, il faut

  • que le baptisé soit en contact avec de l’eau, par immersion ou aspersion ;
  • que quelqu’un récite pendant ce temps : « Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ».

Les rites contenus dans les sacrements peuvent évoluer, être plus ou moins précis : ainsi, pour le baptême, le rite du sel a été supprimé. Et, sauf en cas d’urgence, le rite baptismal décrit ci-dessus prend normalement place au cours d’une cérémonie elle-même très codifiée (dans une église, avec un ministre revêtu de ces ornements sacerdotaux, avec une célébration de la lumière et de la parole, etc).

Tour des différents rites religieux
Documentaire

Mais les sacrements ne sont-ils que des rites ? Pour les chrétiens, le rite n’est que l’aspect « extérieur » et « formel » du sacrement, l’aspect le moins important des sacrements. Si cet aspect prend trop de place, ils ont même l’impression que les sacrements perdent leur signification, que l’on tombe dans le ritualisme. Pour eux, les sacrements sont donc plus que de simples rites. Ces rites n’ont en effet de sens que s’ils renvoient à une authentique vie spirituelle : celle de Jésus, qui vivait de Dieu, et celle du chrétien, qui veut vivre comme Jésus. Le rite n’est pour eux qu’un outil - outil plus ou moins adapté et qu’il faut de temps en temps rénover - pour guider le croyant vers cette vie spirituelle. Voici, par exemple, en quels termes Voltaire dépeint la vie spirituelle auquel doit amener le rite de la communion :

Voilà donc des hommes qui reçoivent Dieu dans eux, au milieu d’une cérémonie augustes, à la lueur de cent cierges, après une musique qui a enchanté leurs sens, au pied d’un autel brillant d’or. L’imagination est subjuguée, l’âme est saisie et attendrie. On respire à peine, on est détaché de tout lien terrestre, on est uni avec Dieu, il est dans notre chair et dans notre sang. Qui osera, qui pourra commettre après cela une seule faute, en recevoir seulement la pensée ? Il était impossible sans doute d’imaginer un mystère qui retînt plus fortement les hommes dans la vertu.

Voltaire, Dictionnaire de philosophie.

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