Le péché originel est-il une faute personnelle ?

mardi 11 février 2014, par Paul Adrien d’Hardemare

En bref : La tradition chrétienne est formelle sur ce point : dire que l’homme naît dans un état de péché originel ne veut pas dire qu’en naissant l’homme est déjà coupable d’une faute personnelle. Cela veut dire qu’il naît avec des vices auxquels Dieu s’oppose.

De même que le péché originel n’est pas un péché en acte, c’est-à-dire un acte peccamineux, le péché originel n’est pas non plus synonyme de faute personnelle, comme si naître était quelque chose pour lequel nous devrions nous sentir coupables. Voici ce que dit le Catéchisme de l’Église Catholique :

Quoique propre à chacun (Concile de Trente DS 1513), le péché originel n’a en aucun descendant d’Adam un caractère de faute personnelle (405).

Difficile d’être plus clair... De fait, d’après Ézechiel 18,22, la Bible stipule que le péché des parents ne saurait retomber sur leurs enfants. Impossible donc de voir dans le péché une faute héréditaire d’après la Bible. Ceci se comprend relativement bien : le péché est quelque chose d’aussi individuel que la volonté et d’aussi personnel que la liberté, puisque le péché un vice de la volonté choisi librement. La culpabilité qui résulte du péché appartient à l’individu qui l’a commis et elle ne saurait être transmise.

Nature humaine
(Un peu caricatural)
Julien Tribalat

Toutefois, si le péché originel n’est pas une faute personnelle, il peut être assimilée à une faute d’autrui appropriée de manière inconsciente. Nous naissons affligés avec certains vices : notre volonté n’est pas de soi orientée vers le bien, et nos pulsions ne suivent pas spontanément le chemin de la droite raison. Il y a un désordre en nous qui est comme un héritage, une sorte de vice dont nous aurions hérité de nos premiers parents, à la manière d’un traumatisme moral qui aurait été si fort qu’il aurait passé la barrière des générations.

À cause de ces vices qui nous constatons en nous depuis le jour de notre naissance, nous naissons sujet à la colère divine. Dieu s’oppose en effet à ces vices qui corrompent notre volonté et fragilisent notre psychologie.

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Adam et Eve dans la gueule du serpent

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