Le péché d’Adam a-t-il été traumatisant ?

samedi 25 janvier 2014, par Paul Adrien d’Hardemare

En bref : Le péché d’Adam représente un véritable viol moral. En voulant tuer la voix de sa conscience, c’est sa propre personne et sa propre psychologie qu’il a traumatisée.

Manger une pomme peut paraître un acte bénin qui ne mérite pas de condamnation particulière. On a alors une certaine difficulté à ce représenter la gravité du péché d’Adam. La Bible affirme pourtant que ce péché a été la source d’un véritable traumatisme qui s’est transmis de génération en génération.

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Le péché originel
Le Péché originel, Masolino
Adam et Ève chassés du Paradis terrestre, Masaccio

Dieu dit à la femme : J’augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. Dieu dit à l’homme : Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : Tu n’en mangeras point ! le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l’herbe des champs. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.

Nous renvoyons à ce que nous avons déjà dit sur l’interprétation de ce passage. Toujours est-il que ces conséquences du péché énoncées par Dieu sont présentées comme un véritable traumatisme psychologique : sensualité désordonné, haine du travail et stérilité du labeur, fragilité psychique. Mais comment manger une pomme pourrait-il traumatiser quelqu’un à ce point ?

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Et si la pomme ressemblait à ceci ?
L’auriez-vous mangée ?

Redisons-le : la pomme n’a jamais existé, elle n’est qu’une image poétique. Elle est présentée par Bible comme étant « le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal » et cet arbre représente la conscience morale que possède tout homme, mais qu’Adam fut le premier a possédé (la conscience est « la science intime qu’a l’homme du bien et du mal »). Manger du fruit défendu de cet arbre, c’est dont une image poétique pour décrire le premier péché : alors même qu’il savait faire la différence entre le bien et le mal, et que « la voix de la conscience » lui disait ce qui était bien et ce qui était mal, Adam choisit de faire taire cette voix de la conscience (comme si cela était possible) pour décider par lui-même de ce qui était bien et de ce qui était mal. Et ceci s’apparente de fait à un suicide moral : une violence contre de sa propre conscience, un viol moral dont on aurait tort de sous-estimer l’effet dévastateur qui s’en est suivi. La conscience devient comme anesthésiée et les pulsions psychologiques jusque-là sous contrôle de la conscience sont livrées à elles-mêmes. La finesse spirituelle d’Adam devient une réalité passée et du viol de sa conscience naît un malaise psychologique et une haine de soi-même : culpabilité et fragilité psychique font leur entrée dans le monde.

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