Le pain et le vin sont-ils consacrés séparément ?

mercredi 3 décembre 2014, par theopedie

Une double consécration, par deux formules distinctes, correspond à la double matière de l’eucharistie. Pour que chacune de ces deux formules soit vraie, il faut que leur effet soit produit aussitôt que la phrase composée des mots essentiels est prononcée. Il en résulte que la consécration des deux éléments eucharistiques n’est point simultanée. Il faut donc admettre qu’au point de vue de la validité, les deux consécrations peuvent être séparées l’une de l’autre ; ce qui arrive parfois, de fait, en sorte qu’une seule substance est convertie (par exemple lorsque, dans le calice, il y a non du vin mais du vinaigre).

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Il n’en vas pas ainsi relativement à la licéité de la consécration d’une seule espèce eucharistique. Il est défendu de consacrer seulement une substance – pain ou vin : cette défense n’est pas seulement d’origine ecclésiastique, mais de droit divin, et nulle dispense n’existe. A ceci deux raisons :

  • Ce précepte divin vient du caractère sacrificielle de la messe : c’est la séparation iconique du corps et du sang qui renouvelle le sacrifice opéré par notre Seigneur sur la croix. Sans la double consécration, il n’y a ni immolation ni sacrifice.
  • La consécration simultanée est requise pour la perfection du sacrement, lequel est un banquet sous les espèces du pain et du vin. Toute messe est participation à ce banquet messianique, lequel a eu lieu, d’après le commandement du Seigneur (Luc 22, 19), d’après une double consécration.

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