Le ministre doit-il être en état de grâce pour confesser ?

samedi 4 juillet 2015, par theopedie

En bref : Dieu vise d’abord e bien du fidèle dans le sacrement. Ainsi ce ne sont pas d’abord les dispositions du ministre que Dieu regarde mais celles du fidèle, et il lui accorde la grâce indépendamment du mérite du prêtre.

Le sacrement de la confession agit ex opere operato. C’est-à-dire qu’il puise sa force dans sa signification, non pas dans la sainteté de celui qui pose l’acte sacramentel. Et Dieu agit à travers la signification du sacrement, icône vivante de la grâce. Ainsi, même le péché mortel ne fait pas perdre au prêtre l’usage et le pouvoir des clés. C’est en tant que ministre du Christ qu’il agit, en non en son nom propre.

Qui bonum illud gratiae gratis datae ordinatum est ad utilitatem communem et quamvis non valeat accipienti, tamen valet aliis : ideo Dominus, qui in distributione sacramentorum utilitatem communem considérat et suam institutionem non retractat, malis confert istam potentiam, qui ordinati sunt secundum ecclesiae catholicae formam. (Bonaventure, 4,19,1,2)

Évidement, la sainteté personnelle du prêtre est plus que recommandable : pour son propre salut et pour celui des fidèles. Sa sainteté peut en effet permettre au fidèle d’être davantage disposé à recevoir la grâce sacramentelle et peut par là lui faire porter davantage de fruit.

Ceci est vrai de tout sacrement, mais plus encore du sacrement de la pénitence, en raison de la proximité morale que l’aveu du fidèle et le jugement du ministre suppose, s’il veut le réconcilier avec Dieu.

Quem ad debitum usum officii concurrat meritum et auctoritas praelationis debeat esse cum sanctitate, maxime tale officium et talis auctoritas, competit quod sacerdos habeat caritatem. Et hoc patet, qui officium illud est officium mediatoris et reconciliatoris, et quum auctoritas ista sit judiciariae potestatis, et nullus sit bonus mediator, qui est inimicus , nullus sit bonus judex in ea causa, in qua est reus : oportet ipsum esse mundum et sanctum ; alioquin, etsi sit minister, non tamen est idoneus vel dignus. (Bonaventure, 4,19,1,2)

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