Le mariage est-il une institution inventée ou naturelle ?

mercredi 11 mars 2015, par theopedie

Si tous les témoignages concordent pour affirmer l’existence du mariage en tant qu’institution dans l’antiquité, la question de l’existence du mariage - ou plus largement d’un lien conjugal - se pose pour les temps préhistoriques.

 Thèse ethnographique

Une majorité de paléoanthropologues suppose en lieu et place du mariage

  • soit une simple promiscuité sexuelle entre membres d’une même tribu ;
  • soit des relations de domination entre mâles et femelles, à l’exclusion de lien affectif durable.
    Ce ne serait que plus tardivement, avec le développement des civilisations que le mariage aurait été inventé, et ceci, afin de satisfaire certains besoins diplomatiques, économiques et sociaux.
Adam vs Eve.
Vulgaire, mais drôle
Epic Rap Battles of History, liLU2tEz7KY

 Critiques

Ces théories préhistoriques s’avèrent reposer un fondement doublement fragile :

  • Décalque réducteur de la sexualité humaine sur la sexualité animale et des normes humaines sur les normes animales. Notons aussi l’existence, dans le monde animal, d’exemples de liens sexuels durables.
  • Interprétation moralisante : les grandes différences morphologiques entre homme et femme que les ossements exhumés révèlent sont interprétées dans le sens d’une relation de domination. Toutefois, l’influence de certaines modes intellectuelles dans le domaine de l’ethnographie incite en ce domaine à une grande prudence (marxisme et dévalorisation de propriété privée, féminisme et dévalorisation des rapports hommes/femmes).

 Thèse en faveur du mariage

Mais surtout, l’antiquité du lien conjugal laisse supposer une très grande ancienneté de ce lien. Une rapide investigation dans le domaine de la psychologie humaine permet d’en donner la raison : les individus conscients de leur individualité exigent pour eux-mêmes et pour les leurs une profondeur, une reconnaissance et une réciprocité excluant généralement les rapports de domination.

It is not, of course, impossible that, among some peoples, intercourse between the sexes may have been almost promiscuous. But there is not a shred of genuine evidence for the notion that promiscuity ever formed a general stage in the history of mankind [...] The great majority of peoples are, as a rule, monogamous, and the other forms of marriage are usuall modified in a monogamous direction. We may without hesitation assert that, if mankind advance in the same direction as hitherto ; if, consequently, the causes to which monogamy in the most progressive societies owes its origin continue to operate with constantly growing force ; if, especially, altruisme increases and the feeling of love becomes more refined and more exclusively directed to one, the law of mongamy can never be changed, but must be followed much more striculy than they are now (Westermarch, History of the matrimonial institution).

De ce point de vue, le lien conjugal et le mariage monogame semblent pouvoir être qualifiés d’institutions naturelles probablement déjà existantes aux temps préhistoriques, pour la simple raison qu’elles sont l’expression naturelle de certains éléments clés de la psychologie humaine (conscience, affectivité, etc) transposés dans les relations entre hommes et femmes.

Homo Sapiens
Documentaire
fusionionique2, rDfbIjEPnUg

En particulier, si la polyandrie et la polygamie peuvent être dites en un certain sens naturelles, en ce sens qu’elles ont été les coutumes immémoriales de certaines peuplades, ces situations ne sauraient toutefois s’accorder avec l’expression spontanée de la sexualité humaine : égalité numérique des sexes, sens de la jalousie et de la propriété, sens de la dignité et de la profondeur des liens affectifs, souci de l’éducation des enfants qui demandent l’attention exclusive des deux parents.

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