Le mariage est-il un sacrement ?

vendredi 27 février 2015, par theopedie

En bref : Le mariage fait partie du septénaire sacramentel. En effet, il vérifie les éléments constitutifs des sacrements en ce sens qu’il est une icône du Christ, vivant de la grâce du Christ instituée par le Christ, Bref une « icône vivante du Christ ».

Tel est ce qui ressort de l’enseignement de saint Paul, lequel, au dire du concile de Trente, suggère (innuit) dans la lettre aux Éphésiens l’icônicité (sacramentalité) du mariage (Ephésiens 5, 22-33). Cette suggestion a été par ailleurs suffisamment développée par la tradition de l’Église antique pour que l’on puisse à bon droit y voir l’affirmation quasi explicite de la sacramentalité du mariage.

Ainsi, l’expression de saint Paul « Il est grand ce mystère, je le dis en pensant au Christ et à son Église » peut à bon droit être comprise comme l’affirmation de sacramentalité. Mysterion en grec se traduit en effet par sacramentum en latin. Il est vrai que le terme de sacrement est pris en liturgie dans le sens technique de « icône efficace de la grâce » tandis que le terme de mystère dans le passage de saint Paul est pris dans un sens plus large et plus indéfini. Toutefois, le contexte de lecture montre le bien-fondé de cette association puisque, dans la lettre aux Éphésiens, saint Paul présente le mariage comme une icône de l’union du Christ avec son Église, c’est-à-dire comme un sacrement. Caractérisons maintenant cette icône.

1) Le mariage est une icône du Christ en ce premier sens qu’elle est une image de l’amour du Christ pour son Église. C’est en effet avec un cœur d’homme que la Parole de Dieu a aimé l’Église. Tel est l’enseignement de saint Paul aux Éphésiens,.

2) Le mariage est aussi une icône du Christ en ce sens que réaliser cette image (se marier) sanctifie ceux qui y participent et leur confère la grâce. Saint Paul souligne en effet la noblesse et la solennité de cette icône (« Il est grand... ») et l’on ne saurait concevoir une telle solennité si cette icône n’était pas une icône sainte. Car la grandeur du mystère réfère certes d’abord à la chose signifiée (l’union du Christ et de l’Église) mais aussi à la manière dont cette chose est signifiée, manière qui doit être dès lors regardée comme pratiquement efficace.

It would not be a solemn, mysterious symbol of the union of Christ with the Church, which takes concrete form in the individual members of the Churuch, unless it efficaciously represented this union, i.e. not merely by signifying the supernatural life-union of Christ with the Church, but also by causing that union to be realized in the individual members : or, in other words, by conferring the supernatural life of grace. (New Advent, The sacrament of mariage).

Pour saint Paul, n’être qu’un signe sans efficacité, tel était le propre des anciens éléments du rite juif, mais, depuis l’avènement du Christ, les nouveaux éléments du culte chrétien confèrent pratiquement la sainteté (Galates 4, 9). Le mariage est donc une icône vivante, en ce sens que ce qu’elle exprime, elle y participe d’une certaine manière. Pour parler de cette perfection iconique, on distingue ainsi la res significata non contenta (l’union du Christ à son Église) et la res significata contenta (la grâce sacramentelle), l’une participant de l’autre.

3) Dernier élément de la sacramentalité du mariage : c’est une icône qui a été instituée par le Christ lui-même. En effet, la comparaison que fait saint Paul entre d’une part les deux conjoints et d’autre part le Christ et l’Église n’est pas d’origine paulinienne, mais se trouve dans l’enseignement du Christ lui-même, qui n’a eu de cesse de se présenter comme le véritable époux, ainsi que nous l’avons dit. De sorte que, si le Christ n’a pas institué le mariage en tant que tel, c’est bien lui qui a institué le mariage en tant qu’icône.

De là, le fait que le mariage doive être considéré comme une icône vivante de la grâce du Christ, c’est-à-dire comme un des sept sacrements.

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