Le mariage doit-il se dérouler pendant une messe ?

samedi 10 mai 2014, par theopedie

En bref : Un mariage se déroule ordinairement pendant une messe, mais ceci n’a rien d’obligatoire.
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Le rite proprement dit du mariage est l’échange des consentements entre les futurs époux. De ce point de vue, il peut être séparé de la messe : on parle alors de mariage et de bénédiction nuptiale. Ainsi célébré, le mariage a toute sa validité. Néanmoins, la coutume est de solenniser cette cérémonie en l’insérant dans une messe. Cette coutume doit être favorisée, mais elle doit aussi répondre à une pratique ordinaire de la messe qui lui donne son sens :

Le mariage sera célébré ordinairement au cours de la messe. Cependant, le curé, compte tenu des nécessités pastorales et du degré de participation à la vie de l’Église des futurs époux ou des personnes présentes, verra s’il vaut mieux proposer la célébration du mariage au cours ou en dehors de la messe (Rituel romain du mariage, §29)

En particulier, les époux n’étant pas toujours au fait de la différence entre messe et mariage, on pourra leur demander, après avoir parlé du rite proprement du mariage, s’ils veulent « une cérémonie de mariage avec ou sans communion ». Le rituel précise de même (§37-§38) l’opportunité d’une telle messe en fonction de la foi des personnes :

Si le mariage a lieu entre un catholique et un baptisé non catholique, on doit prendre le rite de la célébration du mariage sans messe (mi. 134 - 196). Le cas échéant, et avec le consentement de l’ordinaire du lieu, on peut prendre le rite de la célébration du mariage au cours de la messe (nn. 45 - 133) ; mais quant à l’admission d’un non - catholique à la communion eucharistique, on observera les normes fixées pour les différents cas 38 . Si le mariage a lieu entre un catholique et un catéchumène, ou entre un catholique et un non - chrétien, on utilisera le rite indiqué ci - dessous (nn. 197 - 234), avec les variantes prévues pour les différents cas.

Règles pastorales pour la préparation de la cérémonie

Créer un livret de messe
Tutoriel Word 2010
(Le tutoriel est pour le baptême,
mais peut aider pour le mariage aussi)
Jean-Baptiste VIET

Ces différentes recommandations sont mentionnées par le rituel romain, auquel nous renvoyons pour de plus amples renseignements :
-* Le choix des lectures, de la formule de consentements et des diverses autres formules pouvant varier concernent les futurs époux en dialogue avec le prêtre.
-* Les messes en plein air sont très fortement déconseillées (le mariage est un acte public qui a lieu dans le lieux public d’assemblée de l’Église).
-* En dehors des autorités civiles, on ne peut accorder de privilèges à certaines personnes.
-* Pour savoir si l’on peut célébrer une messe le jour de fêtes et le dimanche, il faut consulter les directives des évêques de France et l’ordinaire du lieu (généralement l’évêque). On ne peut se marier le vendredi et samedi saint.
-* Les époux reçoivent la communion et ne se la donnent pas mutuellement.
-* On proposera aux futurs époux de se confesser avant la messe.
-* Les chants et les musiques ne peuvent être profanes.

Le dernier point mérite peut être un plus long développement : c’est celui qui concrètement peut poser question, les futurs époux ayant souvent - et c’est normal - une idée bien précise des chants auxquels ils sont attachés. Il convient d’aborder ce point tôt dans la préparation de la cérémonie et avec diplomatie afin de ne pas froisser les sensibilités tout en précisant le cadre de la cérémonie.

Les chants seront adaptés au déroulement du rite du mariage et exprimeront la foi de l’Église, en tenant compte de l’importance du psaume responsorial dans la liturgie de la Parole. Ce qui est dit du choix des chants vaut également du choix des oeuvres musicales (Rituel romain du mariage, §30).

On veillera à ce que (...) rien ne s’introduise dans la célébration qui soit purement profane, ou peu compatible avec le culte divin. Cela s’applique surtout à la célébration des mariages (Musicam Sacram §43).

Nous trouvons ce commentaire sur Internet :

Marche nuptiale de Mendelssohn
« Le » classique
Geneviève Lemay

Note du webmaster : l’ironie de l’Histoire (avec un grand H) c’est que cet article de Musicam Sacram désignait la musique profane de type théatrale ou militaire destinée à rendre les cérémonies pompeuses ! Le danger est aujourd’hui situé à l’inverse, puisque les introduction de musiques profanes visent à rendre les cérémonies distrayantes, voire ludiques, ce qui constitue un danger plus grand encore. Toujours est-il que cet article permet de refuser à plus forte raison tout chant ou musique non seulement de type profane classique, mais aussi de type variété, rock, etc.
Par extension, on peut étendre la catégorie des choses profanes aux lectures de textes non liturgiques, trop souvent autorisées illicitement lors de messes ou des bénédiction nuptiales. (Nous soulignons)

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