Le divorce d’un mariage uniquement civil est-il permis ?

vendredi 6 mars 2015, par theopedie

En bref : Qu’un mariage soit religieux ou uniquement civil, le lien du mariage est dans les deux cas indissoluble et, en aucun cas, le divorce complet ne peut être prononcé par l’autorité civile (d’après Pie IX, Syllabus). Le divorce partiel peut être permis, uniquement à titre provisoire, mais le lien du mariage demeure sans qu’il y ait possibilité de se remarier.

« Rien ne peut maintenir dans les limites prescrites la liberté du divorce, quand elle est une fois accordée » (Léon XIII) et les difficultés personnelles qui résultent parfois de l’indissolubilité du mariage ne sont presque rien en comparaison dans des maux que le divorce légalement permis cause dans la société et dans la famille.

L’indissolubilité du mariage, même non sacramentel, est requis pour :

  • pouvoir donner aux enfants un cadre affectif stable propice à leur épanouissement ;
  • permettre à l’amour conjugal de s’approfondir. Tout amour véritable et toute amitié sincère suppose la stabilité et l’idée même qu’une séparation puisse être possible empêche leur plein développement ;
  • donner à la femme une plus abondante protection, elle qui supporte trop majoritairement le poids de la séparation et de l’éducation des enfants ;
  • donner un cadre où la sexualité puisse servir le bien commun.

Cela fait paradoxalement partie de la révélation que le mariage soit naturellement indissoluble : la formule de Jésus « Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni » (Matthieu 19, 4-9) s’applique au mariage contracté dans le jardin d’Éden, c’est-à-dire au mariage naturel. Le divorce ne saurait être au mieux qu’une concession provisoire, permise. Certes, la loi civile jouit d’une relative autonomie par rapport à la loi divine, mais cette autonomie doit aller dans le sens d’une certaine continuité, non d’un opposition manifeste. On ne saurait donc utiliser la sécularisation des lois civiles comme prétexte pour permettre le divorce total.

Qu’une séparation incomplète - séparation relative à la vie domestique soit permise pour de graves motifs, sans que le lien du mariage soit dissous, l’Église le déclare formellement (Concile de Trente, 24,8). On peut ainsi, en pareil cas, remédier suffisamment aux inconvénients les plus graves qui, par suite d’un incompatibilité existant entre les époux, résulteraient de l’indissolubilité du lien conjugal.

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