Le confesseur a-t-il le droit de poser des questions pendant la confession ?

lundi 6 juillet 2015, par theopedie

En bref : Le confesseur a le droit, voire le devoir, d’interroger le pénitent afin de pouvoir juger avec exactitude de la nature du péché et des dispositions du pénitent.

 Le devoir de juger

Pour pouvoir absoudre un pénitent, le confesseur doit le juger en tenant compte des péchés de ce dernier ainsi que de ses bonnes dispositions. Ce jugement peut être implicite, mais il est obligatoire. Relativement aux dispositions, il suffit pour l’absolution licite que le confesseur ait des raisons sérieuses de penser que le pénitent est probablement bien disposé.

Et, afin de pouvoir juger en vérité, le confesseur a le droit d’interroger.

 En pratique

En pratique, le jugement s’étend principalement sur l’intégrité des péchés (tous les péchés graves ont-ils été confessés ? )

  • en cas de doute fondé sur l’intégrité, le confesseur doit interroger, avec toutefois beaucoup de discrétion en ce qui concerne les péchés d’ordre sexuel afin de ne pas choquer. La difficulté vient dans l’appréciation subjective du péché (n’a péché que celui qui a eu conscience de pécher). Dans ce cas, on s’en remettra au jugement de Dieu.
  • en cas de doute sur les dispositions du pénitent, le confesseur n’est pas tenu de croire sur parole un pénitent qui déclare être bien disposé.

Il y a souvent un signe suffisant de bonnes dispositions dans le fait que quelqu’un se confesse de son propre mouvement. Mais ces bonnes dispositions sont très suspectes, lorsque quelqu’un

  • retombe toujours, sans résistance, dans ses anciens péchés,
  • n’évite pas l’occasion prochaine
  • et ne prend aucun moyen pour se corriger

(inversement, les bonnes dispositions sont jugés suffisantes si le pénitent vérifie l’une de ces trois conditions). On jugera alors en fonction du sentiment de repentance qu’il montre pendant la confession.

 Devoir d’interroger

Le devoir d’interroger n’est pas un devoir grave, en tout cas, non pas aussi grave que le devoir qu’a le pénitent de s’examiner avec attention. Il n’est pas tenu par exemple d’appliquer une plus grande diligence dans son interrogatoire, alors même qu’il pourrait espérer découvrir ainsi davantage de péchés.

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