Le caractère est-il conféré par les sacrements ?

jeudi 14 août 2014, par theopedie

En bref : Le baptême, la confirmation et l’ordination confèrent un caractère sacramentel.

La tradition (Cyrille d’Alexandrie, Chrysostome, Ambroise, Augustin) déclare explicitement l’existence d’un caractère sacramentel. Mais cette doctrine se trouve déjà en germe dans le Nouveau Testament :

 Autorité biblique

En lui, encore, vous avez entendu la parole de vérité, l’Evangile qui vous sauve. En lui, encore, vous avez cru et vous avez été marqués du sceau de l’Esprit promis, l’Esprit Saint,

Ep 1, 13

N’attristez pas le Saint Esprit, dont Dieu vous a marqués comme d’un sceau pour le jour de la délivrance.

Ep 4, 30

Celui qui nous affermit avec vous en Christ et qui nous donne l’onction, c’est Dieu, lui qui nous a marqués de son sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l’Esprit.

2 Co 1, 21-22

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Sceau médiéval venant de l’Yonne

L’expression « Dieu a imprimé de son sceau » indique clairement le caractère lequel a la propriété de marquer et de sceller. Toutefois, l’action de sceller, dont il est question dans ces textes, ne doit pas s’entendre exclusivement du caractère sacramentel : il s’agit avant tout ici du caractère apostolique de ceux que Dieu a envoyé prêcher. Mais ce qui s’entend du caractère apostolique s’étend par concomitance au caractère sacramentel.

Une autre manière de déduire de la Bible l’existence d’un caractère sacramentel consiste à remarquer que certains sacrements ne sauraient être réitérés (notamment le baptême) : c’est donc qu’ils confèrent quelque chose d’indélébile, et cette indélébilité est le propre d’un sceau conféré par ces sacrements.

 De par les sacrements

Thomas d’Aquin (III,63,1) :

Comme on l’a montré plus haut, les sacrements de la loi nouvelle sont ordonnés à une double fin : remédier aux péchés et parfaire l’âme en vue du culte de Dieu tel qu’il convient au rite de la vie chrétienne. Or tous ceux que l’on consacre à une fonction précise, il est d’usage de les marquer par un signe approprié ; ainsi, dans l’antiquité, les soldats enrôlés au service militaire portaient certains caractères sur leur corps, du fait qu’ils étaient députés à un service corporel. Aussi, puisque les hommes sont députés par les sacrements au service spirituel du culte de Dieu, il est logique que ces sacrements marquent les fidèles d’un certain caractère spirituel. D’où la parole de S. Augustin : « Supposons un soldat qui, pris de peur, a fui le combat, reniant ainsi le caractère imprimé dans son corps ; s’il a recouru ensuite à la clémence du chef, obtenu son pardon à force de prières et retourne au combat, maintenant que cet homme est libre, qu’il s’est amendé, va-t-on lui renouveler son caractère, alors qu’il suffit de le reconnaître et de l’approuver ? Les sacrements du Christ seraient-ils moins profondément imprimés que cette marque corporelle ? »

 Conclusions

Au final, la tradition a vu l’existence d’un caractère dans trois sacrements en particulier - le baptême, la confirmation et l’ordination. Nous renvoyons à chacun de ces sacrements en particulier pour discuter plus amplement de leur existence.

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