Le baptême doit-il être par immersion ?

samedi 6 septembre 2014, par theopedie

En bref : Dans le sacrement de baptême, on emploie l’eau sous forme d’ablution pour signifier la purification intérieure du péché. Aussi, ce qui est demandé c’est d’utiliser l’eau pour laver (Hb 10,22). Or un lavage peut se faire non seulement par immersion, mais aussi par aspersion ou effusion. Aussi, bien qu’il soit plus sûr de baptiser par immersion, on peut aussi baptiser par aspersion, ou par effusion, selon le mot d’Ézéchiel (36, 25) : « je verserai sur vous une eau pure », et comme on dit aussi que baptisa S. Laurent.

Si Jésus Christ a institué l’eau comme partie constitutive du baptême, il n’a pas fixé la manière dont on devait procéder à l’ablution baptismale : si l’immersion reste la méthode de référence (cela devait probablement être le cas en Jean 3, 22), il y a place aussi pour des variations et une législation canonique précisant les détails. Probablement d’ailleurs, les 3000 personnes baptisées en un seul jour lors de la pentecôte ne le furent probablement pas par immersion (Acte des Apôtres 2, 41). Ce qui est sûr, c’est que l’eau doit être utilisée d’une telle manière qu’on puisse dire qu’il y a lavage, purification, ablution, et non pas seulement humidification.

 Conditions générales

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Baptême par immersion

On suppose donc les conditions suivantes :

  • l’eau doit être apte à cette ablution et en quantité suffisante (pas seulement quelques gouttes) ;
  • l’eau doit physiquement toucher le corps (et non pas seulement les cheveux ou les vêtements) ;
  • l’eau doit pouvoir laver (soit en coulant, soit par immersion). Il n’est toutefois pas requis qu’elle écarte de fait une souillure physique (la purification est spirituelle) ;
  • l’ablution doit être un acte du ministre et non du baptisé (ablution passive) ;
  • il n’est pas nécessaire que le corps tout entier soit lavé mais l’ablution doit être faite sur la partie principale.

Revenons sur ce dernier point : c’est toujours, conformément aux prescriptions de l’Église, sur la partie la plus importante du corps (le front) que se fait l’ablution par infusion (comme autrefois par immersion) quia ibi sunt omnes sensus et ibi maxime viget operatio animae (car « ici sont réunis les sens et l’activité principale de l’âme », Bonaventure). La tête est en effet le centre de la vie sensible tant intérieure qu’extérieure, c’est d’elle que les membres reçoivent la force, le mouvement et la direction. Si l’ablution venait à avoir lieu sur une autre partie du corps (le cou, la poitrine), le baptême sera valide mais sujet à caution et il serait préférable de réitérer sous condition le sacrement.

 Préférence pour l’immersion

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Ancien baptistère
On voit les escaliers et la place du ministre, le tout en forme de croix

D’un point de vue symbolique, le baptême par immersion est préférable car il est bain de la régénération (Ephésiens 5, 26) et ensevelissement dans la mort du Christ (Romains 6, 3). Durant les douze premiers siècles, le baptême par immersion fut la norme constante. Il est vrai toutefois que l’immersion n’était pas toujours entière mais seulement partielle (on versait alors de l’eau sur le front) et que le baptême opéré en versant de l’eau seulement était reconnu comme valide (Didaché, 7). C’est à cause des nombreux problèmes rencontrés par ce rite (surtout dans les pays froids) que le baptême opéré par versement d’eau prévalut.

Actuellement, le baptême par immersion connaît un regain de faveur et certaines sectes protestantes le reconnaissent comme étant le seul baptême valide. Si le baptême par effusion est lui aussi valide, force est de constater que pour des raisons symboliques et œcuméniques, il y aurait probablement place pour une rénovation de ce rite dans l’Église Catholique.

 Une fois ou trois fois ?

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Baptême par effusion

Les deux méthodes sont valides, chacune ayant son symbolisme propre. Ainsi saint Grégoire écrivait à l’évêque Léandre : « Il n’y a rien de répréhensible à plonger un enfant dans l’eau baptismale trois fois ou une seule, car trois immersions signifient la trinité des Personnes, mais une seule peut signifier l’unité de la divinité. »
Toutefois, étant entendu que la triple immersion ou effusion est un seul acte de purification, il est opportun de signifier la Trinité verbalement et par des gestes.

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