Le Christ a-t-il le pouvoir de pardonner les péchés ?

mercredi 17 juin 2015, par theopedie

Si Dieu seul peut pardonner les péchés, Jésus en tant que Christ et saint, c’est-à-dire non seulement par sa divinité, mais encore par son humanité, avait (et a encore) le plein pouvoir de remettre les péchés (Matthieu 9, 6). Comme le pardon des péchés est un acte intérieur, que les sens ne perçoivent pas, Jésus le Saint a opéré pour démontrer ce pouvoir un miracle visible en guérissant un paralytique (Luc 5, 24-25) .

Avant l’incarnation, le pouvoir divin de remettre les péchés ne fut jamais donné à aucune créature. Seul Jésus l’a possédé et, pendant son séjour sur la terre, il l’a manifesté en l’exerçant (Matthieu 9, 2 ; Luc 7, 48).

Ce pouvoir qu’il exerçait sur les seuls pécheurs que sa vie terrestre lui donnait de rencontrer, il l’a ensuite étendu à toute l’humanité en vertu de son sacrifice personnel. Car, en s’offrant sur la croix, le Christ a mérité le pardon pour tous et il est devenu cause de rémission pour la multitude (Romains 3, 24-27).

La passion du Christ est la cause propre de la rémission des péchés de trois manières.

1° Par mode d’excitation à la charité ; car selon S. Paul (Rm 6, 8) : « La preuve que Dieu nous aime, c’est que dans le temps où nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous. » Or, par la charité, nous obtenons le pardon des péchés, suivant cette parole (Lc 7, 47) : « Ses nombreux péchés lui ont été remis parce qu’elle a beaucoup aimé. »

2° Par mode de rédemption. En effet, le Christ est notre tête. Par la passion qu’il a subie en vertu de son obéissance et de son amour, il nous a délivrés de nos péchés, nous qui sommes ses membres, comme si sa passion était le prix de notre rachat. C’est comme si un homme, au moyen d’une oeuvre méritoire accomplie par sa main, se rachetait du péché commis par ses pieds. Car, de même que le corps naturel est un, alors qu’il consiste en membres divers, l’Église tout entière, corps mystique du Christ, est comptée pour une seule personne avec sa tête, qui est le Christ.

3° Par mode d’efficience. La chair dans laquelle le Christ a souffert sa passion est l’instrument de sa divinité, et c’est en raison de sa divinité que ses souffrances et ses actions agissent dans la vertu divine, en vue de chasser le péché.

(Thomas d’Aquin, 3,49,2)

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