Le Christ a-t-il institué le mariage ?

jeudi 26 février 2015, par theopedie

En bref : Le Christ n’a pas institué le mariage en tant que tel, mais il l’a institué en tant qu’icône. Plus exactement, il n’a eu de cesse de présenter dans ses enseignements le mariage comme une image vivante de son amour pour l’Eglise, l’instituant par là en tant qu’icône.

Si le mariage est un sacrement, ce n’est pas en ce sens que Jésus aurait institué un rite particulier propre au mariage. Mais c’est en ce sens qu’il a élevé à l’ordre de la grâce une institution sociale déjà existante. Car s’il n’a point institué le rite du mariage, lequel existait déjà aux origines de l’humanité, c’est bien lui qui a institué son iconicité (sa « sacramentalité »), en manifestant sa signification et la grâce qui lui est attachée.

 Institution de la signification du mariage

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Dans ses enseignements, le Christ n’a eu de cesse de présenter le Fils de l’homme comme un époux et l’Église comme une épouse (Matthieu 9, 14-15 ; Matthieu 22, 1-14 ; Matthieu 25, 1-13 ; Jean 3, 7-30), de telle sorte que le chrétien, plein de l’Esprit du Christ, en contemplant le mariage pense dorénavant à l’amour du Christ pour l’Eglise. C’est en ce sens que le Christ, de par son enseignement, a institué le mariage comme une icône de son amour pour l’Eglise. Ceci est tellement vrai que cette iconicité du mariage a été assumée et reprise par la première tradition chrétienne pour en faire un lieu commun du Nouveau Testament : 1 Corinthiens 6, 15-16 ; 2 Corinthiens 2, 2 ;  ; Apocalypse 19, 7 ; Apocalypse 21, 1-2.

 Institution de la grâce sacramentelle

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Le Christ n’a pas enseigné spécifiquement l’existence de grâces particulières pour le mariage. C’est dans saint Paul que peut se déduire la grâce spécifique du mariage. Néanmoins, on peut tirer de l’enseignement général de Jésus la certitude d’une grâce spécifique au mariage. Nul doute en effet que le Christ ait attribué au mariage des grâces particulières, lui qui a voulu restaurer le mariage dans son intégrité première (Matthieu 19, 4-9) pour en faire une icône digne de son union avec l’Église. Or, sans l’aide de la grâce, le mariage serait insupportable (Matthieu 19, 10), mais le Christ n’a rien voulu faire de trop lourd à porter (Matthieu 11, 30). Ainsi, si le Christ ne parle pas explicitement d’une grâce particulière du mariage, la certitude de son existence découle de son enseignement et de sa mansuétude, car « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé (Romains 5, 20-21).

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