La survenance peut-elle être symétrique ?

jeudi 6 novembre 2014, par Denis Cerba

Nous avons vu (cf. Qu’est-ce que la survenance ?) ce qu’est la survenance en général, qui concerne le rapport d’une entité à une autre : l’entité Q survient sur l’entité P si et seulement s’il est (absolument) impossible que P existe et que Q n’existe pas.

Il est intéressant de noter que rien n’empêche que le rapport de survenance soit symétrique : que non seulement Q survienne sur P, mais aussi P sur Q.

Un cas particulièrement notable de survenance symétrique est fourni par la relation tout/parties :

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Un tout au sens strict du terme est la somme de ses parties

Un « tout » au sens strict du terme est simplement la réunion de ses parties : c’est ce que l’on appelle un tout méréologique. Il est clair qu’il y a un rapport de survenance réciproque — ou : symétrique — entre un tout méréologique et ses parties : on ne peut avoir le tout sans avoir les parties, ni avoir les parties sans avoir le tout...

Un tout méréologique survient sur ses parties, mais les parties surviennent également sur le tout. Dans un monde où toutes les parties existent, il n’y a qu’un seul et même tout que ces parties composent — le même dans tous les mondes [possibles]. Dans un monde où le tout existe, toutes les parties existent — les mêmes dans tous les mondes [possibles]. [1]

Notes

[1David M. Armstrong, A World of States of Affairs, 1997, p. 12.

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