La « survenance » : Introduction

lundi 3 novembre 2014, par Denis Cerba

La notion de survenance (en anglais : supervenience ) est une notion technique assez souvent employée en métaphysique catégoriale contemporaine.

Elle sert à conceptualiser un certain type de relation entre des phénomènes : pour une première approche, disons qu’il y a survenance entre deux phénomènes quand, sans être identiques, ces deux phénomènes sont néanmoins dans une relation telle que l’un ne va pas sans l’autre. Par exemple, on peut dire qu’une ressemblance « survient sur » les deux choses qui se ressemblent : c’est parce qu’elles sont telles qu’elles sont que deux choses se ressemblent, et si elles sont telles qu’elles sont, elles ne peuvent que se ressembler !

L’une des questions que pose le phénomène de survenance est celle du statut ontologique de ce qui survient : ce qui survient ajoute-t-il quelque chose à ce sur quoi il survient, ou se réduit-il au contraire à lui (ou à l’un de ses aspects) ? Tous les métaphysiciens ne sont pas d’accord. Tous ne sont pas d’accord non plus sur la définition même de la notion de survenance. Au fond, l’analyse de la notion et du phénomène de survenance est elle-même une question métaphysique : l’orientation de la réponse dépendra du type de métaphysique qu’on adopte et défend.

Ici, nous nous contentons d’exposer la position d’Armstrong sur ce sujet, en préambule à l’exposé de sa métaphysique (cf. Quelles sont les grandes lignes de la métaphysique d’Armstrong ?). Cette position consiste en :

  1. une définition simple et claire (et relativement consensuelle) de la notion de survenance ;
  2. une prise de position forte concernant le statut ontologique de la survenance : c’est la doctrine du free lunch ontologique (le survenant n’ajoute rien à la réalité de ce sur quoi il survient).

Nous exposerons cette position dans les trois articles suivants :

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