La repentance est-elle exigée chez le baptisé ?

samedi 4 octobre 2014, par theopedie

En bref : Si la repentance n’est pas requise pour la validité du baptême (seule l’intention l’est), elle est néanmoins requise pour la fécondité du baptême et pour que soit conférée la grâce baptismale. Sans la repentance, le baptême est vain.

« Repentez-vous, et que chacun de vous reçoive le baptême » (Acte des Apôtres 2, 38, Acte des Apôtres 3, 19). Par le baptême, l’homme est incorporé au Christ, revêtu de lui ( ), uni à lui pour vivre sa vie. Cela est impossible si l’on demeure volontairement dans son péché (Romains 6, 1-7). Impossible de commencer une vie nouvelle sans quitter l’ancienne, de recevoir ce rite du purification sans la volonté d’être purifié. Autrement, cela serait faire du sacrement un geste vide et mensonger, une « fiction » pour reprendre le terme théologique. Il faut donc une douleur et une détestation suffisantes du péché pour que le cœur de l’homme se détache du péché et s’attache à Dieu afin que le don de la grâce ne rencontre pas d’obstacle.

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Jean le Baptiste prêchant
Illustration de Gustave Doré

Cela étant dit, on exige de la part du baptisé la repentance, non la pénitence, laquelle suggère des œuvres de mortification et d’expiation. La repentance est avant tout un mouvement intérieur de conversion, l’horreur ressentie face à son propre péché avec le ferme propos de s’amender. N’est donc requise pour la fécondité du baptême aucune pénitence supplémentaire : le Christ a déjà expié et racheté sur la croix nos péchés, et l’Église n’a jamais imposé de pénitence à un baptisé, ni aucune œuvre satisfactoire. De même, on n’exige pas de confession et d’aveu de ses anciens péchés, quelques graves qu’ils fussent. Si le catéchumène entend en faire l’aveu par dévotion, on ne l’empêchera pas, mais afin de l’exciter à la repentance. Les pénitences ne sont obligatoires que pour les péchés commis après le baptême.

De même, la contrition parfaite n’est pas requise pour la fécondité, mais au moins un mouvement de repentance, et ce mouvement est suffisant pour que la grâce agisse dans le baptisé par la vertu du sacrement.

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