La pratique des honoraires de messe est-elle biblique ?

samedi 17 mai 2014, par theopedie

En bref : Participer financièrement aux offrandes religieuses est justifiée au regard de la Bible et de la tradition.

Cette tradition n’est pas une invention du catholicisme tardif : déjà dans l’Ancien Testament, les prêtres recevaient une part des sacrifices faits à Dieu (Lévitique 2 et Lévitique 7). Cette situation est d’ailleurs acceptée par saint Paul lui-même :

Ne savez-vous pas que les ministres des cultes vivent du culte ? De même aussi, le Seigneur a prescrit à ceux qui annoncent l’Évangile de vivre de l’Évangile. (1 Corinthiens 9, 13-14)

Il y a donc une antique tradition qui témoigne que le prêtre doit toujours pouvoir vivre de l’autel, c’est-à-dire, de la part que Dieu lui fait dans les biens que les hommes offrent au Seigneur.

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L’obole de la veuve au temple
Une offrande louée par Jésus lui-même
Marc 12,41-44

C’est une tradition bien établie dans l’Église que les fidèles, guidés par leur esprit religieux et leur sens de l’Église, ajoutent au sacrifice eucharistique un certain sacrifice personnel, afin d’y participer plus étroitement. Ils pourvoient ainsi pour leur part aux besoins de l’Église et plus particulièrement à la subsistance de ses ministres. Cela est conforme à l’esprit des paroles du Seigneur : « le travailleur mérite son salaire » (Luc 10, 7), paroles que saint Paul rappelle dans sa première lettre à Timothée (1 Timothée 5, 18) et dans sa première lettre aux Corinthiens (1 Corinthiens 9, 7-14)
Pape Paul VI, Firma in traditione, 1974.

Ce qui est en revanche interdit, c’est d’acheter des pouvoirs spirituels (c’est le péché de simonie, en référence à Acte des Apôtres 8, 9-25) Il ne faut donc pas confondre une offrande de messe avec le prix d’une messe. On n’achète pas une messe, seulement la nourriture de celui qui va dire la messe au nom de Jésus.

Ainsi, dès les premiers siècles de l’Église, les fidèles ont voulu participer matériellement à l’Eucharistie. Ils l’ont fait par des offrandes en nature (pain, vin, lait, vêtements) ou par des offrandes en espèces, qui étaient destinées à assurer les frais du culte, la subsistance des prêtres, la vie de l’Église. L’expression « honoraires de messe » se retrouve des textes canoniques du VIIIe siècle.

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