La pénitence enlève-t-elle le péché en tant que vertu, ou en tant que sacrement ?

samedi 11 juillet 2015, par theopedie

En bref : La pénitence en tant que vertu et la pénitence en tant que sacrement se complètent : la pénitence en tant que vertu est comme la matière et l’absolution sacramentelle est comme le principe qui vient structurer cette vertu en lui affirmant son espérance et son efficacité.

La pénitence est vertu en tant qu’elle est principe de certains actes humains. Mais les actes humains venus du pécheur tiennent lieu de matière dans le sacrement de pénitence. Or tout sacrement produit son effet, non seulement en vertu de sa forme, mais aussi en vertu de sa matière, les deux éléments ne formant qu’une seule réalité sacramentelle. C’est ainsi que la rémission de la faute se fait dans le baptême non seulement en vertu de la forme, mais aussi en vertu de la matière, c’est-à-dire de l’eau baptismale, bien que l’efficacité appartienne principalement à la forme, d’où l’eau elle-même reçoit sa vertu. Il en va de même dans le sacrement de pénitence. La rémission de la faute y est principalement causée par la vertu du pouvoir des clés que possèdent les ministres. C’est d’eux que vient le principe formel du sacrement, comme on l’a dit plus haut. La causalité des actes du pénitent qui relèvent de la vertu de pénitence, vient en second. Il est donc évident que la rémission de la faute, tout en étant l’effet de la pénitence vertu, l’est primordialement davantage de la pénitence sacrements.

(Aquin, III, 86,6)

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