La nature a-t-elle le même idéal que l’homme ?

mercredi 29 juillet 2015, par theopedie

En bref : Certes, l’idéal suprême de l’humanité est le bonheur, et tout être y aspire, selon S. Augustin. Mais, dit-il aussi, « il n’appartient pas aux animaux dépourvus de conscience de goûter la sérénité » : c’est donc que l’idéal humain ne va pas aux animaux.

D’après Aristote (in II Physic. et in V Metaphys.), un optimum peut être appréhendé de deux manières : dans sa source et dans son déploiement. Ainsi, un optimum gravitationnel a sa source dans une masse et se déploie à travers un champ gravitationnel. Ou bien encore, l’idéal de l’avare, a sa source dans l’argent, et comme déploiement la possession de cet argent.

De même, si nous parlons de l’idéal suprême de l’humanité quant à ce qui en est la source, alors la nature possède le même idéal que l’humanité ; car Dieu, qui est l’idéal suprême de l’homme, l’est aussi de toute chose. Mais si nous parlons de la manière dont se déploie cet idéal suprême, alors, tous n’ont pas le même idéal. Car l’idéal fondamental de l’univers se déploie dans l’homme et dans les réalités conscientes à travers la connaissance et l’adoration. Et ce déploiement n’est pas possible chez les êtres dépourvus de conscience. Au contraire, l’idéal fondamental de l’univers ne se déploie en eux que par une certaine ressemblance naturelle : soit dans le fait d’exister, soit dans le fait de vivre, soit dans le fait de percevoir des sensations.

Par là devient évidente la réponse aux objections ; car le mot bonheur signifie en toute rigueur de terme le déploiement de l’idéal suprême.

P.-S.

Cet article est basé sur un article de la somme de théologie, Ia IIae. Il ne prétend pas en être une traduction littérale, mais une lecture personnelle. Pour une traduction littérale, voir ici, pour une explication des choix de lecture, voir ici.

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