La doctrine du péché originel est-elle culpabilisante et pessimiste ?

dimanche 16 février 2014, par Paul Adrien d’Hardemare

En bref : Purgée de toutes ses caricatures, la doctrine du péché originel n’est ni culpabilisante ni pessimiste, au contraire...

Une vision belle de la Genèse ?
Une vision qui, malgré sa beauté, est culpabilisante.
La Bible dit au contraire que le premier regard de Dieu
sur l’homme et le monde est un regard émerveillé
Cyril VERDIER, Q9wxrD6Rgo8

Pour beaucoup de personne, la doctrine du péché serait

  • culpabilisante puisqu’elle accuserait tout homme y compris le nourrisson d’avoir commis une faute par le simple fait d’exister,
  • pessimiste puisqu’elle verrait dans la nature humaine d’abord une réalité pervertie.

En réalité, la doctrine du péché originel n’est ni culpabilisante, ni pessimiste :

  • elle n’est pas culpabilisante car elle ne signifie pas que les hommes naissent coupables. Nous l’avons dit : le péché originel n’a jamais été interprétée en terme de faute personnelle, mais en terme de solidarité intergénérationnelle. Le péché originel signifie simplement que l’homme nait avec des défauts d’ordre moral, dont il n’est pas responsable, mais dont il hérite et qu’il doit assumer. Après tout, si nous sommes heureux d’hériter des bonnes choses que nos parents nous laissent, il est juste d’assumer aussi que nous héritons de leurs moins bonnes choses.
  • elle n’est pas pessimiste : dire que la nature humaine est pervertie, ce n’est pas dire que la nature humaine est perverse. Au contraire : cela veut dire que (1) que la nature a été créée bonne mais (2) qu’elle a été abîmée. Et si cet état perverti ne correspond pas en profondeur à la véritable nature humaine, cela veut dire qu’il doit être possible de guérir ces blessures. De fait : le baptême lave des conséquences du péché originel et rétablies les forces spirituelles de l’homme. Il n’y a ni pessimisme, ni fatalisme.
    Adam et Ève
    Ni pessimisme ni culpabilité. Seulement
    une nostalgie à laquelle le Nouveau
    Testament répondra.
    theopedie, zZ2Vedl3zbU

    De plus, nous avons dit que le péché originel pouvait aussi s’expliquer par un traumatisme moral, hérité de nos premiers parents. La nature humaine paraît donc moins coupable que victime. Bien comprise, la doctrine du péché originel ne suscite ni le mépris ni le jugement mais la compassion et la délicatesse.

Enfin, rappelons que la médiocrité dans laquelle naît l’humanité est une réalité qu’il serait vain de vouloir nier au nom de bons sentiments, plus ou moins fondés. « Qui veut faire l’ange fait la bête » dit le proverbe. La doctrine du péché originel évite toute naïveté, mais oblige à jeter sur notre condition un constat emprunt de réalisme et de bon sens.

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