La confirmation est-elle biblique ?

vendredi 17 octobre 2014, par theopedie

En bref : Le Nouveau Testament laisse entrevoir sans aucune ambiguïté l’existence d’un rite lié au baptême et signifiant plus particulièrement le don de l’Esprit Saint. Ce rite a perduré jusqu’à nous sous la forme de la confirmation.

Jean avait annoncé que le Messie baptiserait dans « l’Esprit Saint et dans le feu » (Luc 3, 16 ; Jean 1, 33) et Jésus lui-même avait déclaré que, à moins de renaître « de l’eau et de l’Esprit Saint », nul ne pourrait entrer dans le royaume de Dieu (Jean 3, 5).

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L’ablution (baptême) de Jésus
Jésus a la révélation du paradis.
Peinture de Giotto

Que l’Esprit Saint intervienne au moment du baptême, comme il est apparu lors du baptême du Christ dans le Jourdain (Marc 1, 10), cela ne fait aucun doute : le chrétien est baptisé au nom des trois personnes, le Père, le Fils et l’Esprit. Cependant, Jésus avait annoncé à ses apôtres qu’il leur enverrait de manière plus particulière le Saint Esprit : cette promesse est répétée avec insistance dans le discours après la Cène (Jean 14, 16-17 ; Jean 14, 26 ; Jean 15, 26 ; Jean 16, 7 ; Jean 7, 8-13). Rappelons encore Luc 24, 49 et Acte des Apôtres 1, 4-8. On sait comment cette promesse fut réalisée à la Pentecôte et comment l’Esprit Saint vint sur eux comme un feu (Acte des Apôtres 2, 1-4). L’initiation des apôtres fut alors achevée ; intérieurement transformés, parvenus à la pleine virilité chrétienne, ils devinrent revêtus de force et portèrent avec une pleine assurance le témoignage de la résurrection (Acte des Apôtres 4, 31-33).

La pentecôte
Le premier baptême dans l’Esprit Saint
Extrait d’un documentaire BBC
theopedie

C’est de cette manière que chaque chrétien doit recevoir aussi cette double initiation dans l’eau et dans l’Esprit : l’une pour la renaissance spirituelle et l’autre pour le témoignage évangélique. Nous en avons l’exemple dès les premières années de l’Église. Lors de la persécution qui suivit la mort d’Étienne (vers 36), les chrétiens se dispersèrent par toute la Judée et la Samarie (Acte des Apôtres 8, 1). Le diacre Philippe venant dans une ville de Samarie y prêcha le Christ : apprenant cela, les apôtres dépêchèrent Pierre et Jean pour prier sur les nouveaux convertis afin qu’ils reçussent eux aussi le Saint Esprit (Acte des Apôtres 8, 14-16). Ainsi, de témoignage même des apôtres, le baptême administré par un diacre ne suffit pas à l’initiation chrétienne : il faut encore que le baptisé reçoive l’Esprit Saint, et cela est réalisé au moyen d’un rite spécial réservé aux apôtres.

Une vingtaine d’années plus tard (vers 53-56), Paul arriva à Éphèse, et y trouva une douzaine de disciples (Acte des Apôtres 19, 1-17). Il leur demanda s’ils avaient reçu l’Esprit Saint au moment où ils étaient entrés dans la foi catholique (ici, à coup sûr, croire signifie le sacrement de la foi, à savoir le baptême). Or, ces disciples n’avaient jamais entendu parler du Saint Esprit : ils n’avaient reçu que le baptême de Jean. Ils furent donc baptisés au nom du Seigneur Jésus, et Paul lui-même leur imposa les mains. L’Esprit Saint vient sur eux et ils parlèrent en langues et se mirent à prophétiser. Pour ce qui nous regarde ici, l’épisode est significatif : il suppose que, à côté du baptême chrétien, Paul connaît et fait référence à un autre rite d’initiation pratiqué de manière courante, l’imposition des mains pour que soit donné le Saint Esprit, rite réservé aux seuls apôtres.

On citera encore Hébreux 6, 4, où il est permis de voir les trois sacrements de l’initiation chrétienne : « ceux qui ont été une fois illuminés (le baptême), qui ont reçu le don céleste (l’eucharistie) et ont eu part au Saint Esprit (la confirmation) ».

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L’Esprit Saint

Again, in the Epistle to the Hebrews (6:1-4) the writer reproaches those whom he addresses for falling back into their primitive imperfect knowledge of Christian truth ; « whereas for the time you ought to be masters, you have need to be taught again what are the first elements of the words of God » (Hebrews 5:12). He exhorts them : « leaving the word of the beginning of Christ, let us go on to things more perfect, not laying again the foundation . . . of the doctrine of baptisms, and imposition of hands », and speaks of them as those who have been « once illuminated, have tasted also the heavenly gift, and were made partakers of the Holy Ghost ». It is clear that reference is made here to the ceremony of Christian initiation : baptism and the imposition of hands whereby the Holy Ghost was conferred, just as in Acts 2:38. The ceremony is considered to be so well known to the faithful that no further description is necessary. This account of the practice and teaching of the Apostles proves that the ceremony was no mere examination of those already baptized, no mere profession of faith or renewal of baptismal vows. Nor was it something specially conferred upon the Samaritans and Ephesians. What was done to them was an instance of what was generally bestowed. Nor was it a mere bestowal of charismata ; the Holy Ghost sometimes produced extraordinary effects (speaking with divers tongues, etc.), but these were not necessarily the result of His being given. The practice and teaching of the Church at the present day preserve the primitive type : the imposition of hands, the gift of the Holy Ghost, the privileges of the episcopate.

(Trouvé dans Newadvent)

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