La confession sacramentelle est-elle composée de forme et de matière ?

mercredi 24 juin 2015, par theopedie

En bref : La confession ou pénitence sacramentelle est composée d’une formule d’absolution prononcée par le prêtre (forme du sacrement) et par la démarche spirituelle de celui qui vient se confesser (matière du sacrement)

La matière, ce sont les actes extérieurs de pénitence par lesquels le pécheur se soumet au pouvoir des clés conformément à ce qui lui est prescrit ; la forme, c’est la sentence d’absolution prononcée par le prêtre.

Ce sacrement est constitué de manière intrinsèque par la contrition, la confession et la satisfaction de la pénitence en tant que matière et par une absolution sacerdotale en tant que forme, avec toutefois ce distinguo : la satisfaction n’y tient pas le rôle de partie essentielle, mais de partie intégrante. Telle est la position commune des théologiens, contre celle de Scot, pour qui la seule partie essentielle de ce sacrement est l’absolution sacerdotale, tandis que la contrition et la confession du pénitent ne sont que des conditions ou des dispositions requises desquelles découle la satisfaction (Platelius, de poenit. 630)

Dans la mesure où les scotistes reconnaissent la nécessité des dispositions des actes du pénitent, la différence de position n’a pas d’importance pratique.

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Confession orthodoxe
Photo Sergey Sklyarov

Le sacrement en tant qu’icône efficace de la grâce n’est constitué que par l’union de la forme et de la matière. Puisque cette icône signifie la réconciliation entre Dieu et l’homme par le mode de la sentence judiciaire, sont requis l’aveu et la sentence lesquelles aboutissent dans la réconciliation qui transforme la contrition en source de grâce. Plus précisément, l’absolution, pace Scot, ne saurait suffire : puisque ce sacrement signifie la réconciliation, sa signification doit s’étendre au for intérieur où s’opère cette démarche afin d’en manifester l’efficacité. Il n’en demeure pas moins que cette absolution est l’élément principal et formel du sacrement, puisqu’elle exprime directement le caractère judiciaire du pouvoir des clés.

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