La communion sacramentelle est-elle une nécessité ?

lundi 12 janvier 2015, par theopedie

En bref : La messe n’est pas nécessaire au salut mais à la perfection du salut. Ainsi S. Augustin a écrit : « Ne vous imaginez pas que les tout-petits ne peuvent avoir la vie, eux qui n’ont pas reçu le corps et le sang du Christ. »

La participation sacramentelle à l’eucharistie n’est pas nécessaire au salut comme peut l’être le baptême ou relativement nécessaire comme peut l’être la confession. Elle n’en reste pas moins explicitement prescrite par Jésus, ce qui n’est évident ni de la confirmation ni de l’onction des malades. On dit qu’elle est « moralement » nécessaire afin de persévérer dans la grâce.

Une chose peut être un moyen nécessaire de salut et de liberté spirituelle de deux manières :

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L’eucharistie
Jan Davidsz de Heem

  • ou bien parce qu’elle requise pour communiquer la grâce première et pour effacer le péché ;
  • ou bien parce qu’il faut y recourir pour conserver la grâce déjà acquise.

L’eucharistie rentre dans la seconde classe. L’eucharistie est ainsi, jusqu’à un certain point, nécessaire pour conserver la vie surnaturelle. D’où le précepte de Jésus : « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et ne buvez son sang, vous n’aurez point la vie éternelle en vous » (Jean 6, 54), c’est-à-dire : Si vous ne nourrissez pas en vous la vie déjà acquise, vous ne persévérez pas longtemps dans la vie de grâce. Certes, il y a d’autres moyens pour vaincre la tentation, mais l’eucharistie est par excellence le pain céleste qui fortifie le cœur de l’homme (Psaumes 103, 15) et nourrissant en lui la vie éternelle et la charité divine (cf. Effet de l’eucharistie). C’est lui qui sustente le pèlerin fatigué par sa route, à la manière dont Élie marcha quarante jours et quarante nuits fortifié par le pain céleste.

Celui donc qui, sciemment et volontairement, néglige ou dédaigne de recevoir la grâce, peut difficilement s’attendre à recevoir par une autre voie les secours dont il a besoin pour triompher des tentations de ce monde. Cette quasi nécessité de moyen explique le précepte divin formulé en Jean 6, 54 et en Luc 22, 19. Certes, cette dernière citation concerne en priorité les apôtres et leurs successeurs dans la personne des prêtres, mais elle s’applique aussi aux fidèles à qui les prêtres sont chargés de distribuer la communion.

Pertinet et ad sacerdotes et ad alicos, sed proportionaliter : ad sacerdotes ut mysteria conficiant, offerant, sumant, distribuant ; ad laicos, ut recepiant (Sylvius, 3.80.11)

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