La communion eucharistique efface-t-elle les péchés ?

jeudi 1er janvier 2015, par theopedie

Il faut faire la distinction entre péché grave (péché « mortel ») et péché moins grave (péché « véniel »). Même si la confession est hautement louable et obligatoire une fois par an, les péchés véniels peuvent être remis de bien des manières (1 Pierre 4,8 ; 1 Jn 5,16) et en particulier en communiant à la messe. Le rite de pénitence et la prière du Notre Père sont là pour rappeler l’importance pendant la messe de la contrition et l’assurance de la miséricorde divine. On pourra aussi se rapporter à l’article consacré au sacrifice de la messe et à la rémission des péchés.

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L’agneau de Dieu
La figure du serviteur souffrant dans la Bible est représenté à l’aide d’une image : celle d’un agneau offert en sacrifice. D’où le surnom de Jésus : l’agneau de Dieu.

 Péchés mortels

Pour les péchés mortels, il convient de se confesser de manière individuelle (une absolution collective ne saurait être suffisante en ce cas). En effet, l’eucharistie entretient la vie spirituelle déjà existante et la préserve de la ruine, sans toutefois redonner aux pécheur l’état de grâce (la confession est pour cela nécessaire), d’où la nécessité de s’examiner soi-même (1 Corinthiens 11, 27).

Toutefois, d’après une opinion assez fondée et soutenue par la plupart des théologiens, les fautes mortelles sont parfois remises dans l’eucharistie par la communication de la grâce justifiante. Tel est le cas, lorsque celui qui communie a au moins la contrition imparfaite de toutes ses fautes passées et que, par une erreur non coupable, il se croit en état de grâce.

 Péchés véniels

Comme l’eucharistie enflamme la ferveur de la charité, elle peut délivrer des « fautes quotidiennes » (Concile de Trente). Les actes fervents de la charités, inspirés par la grâce sacramentelle, renferment à tout le moins la détestation implicite des fautes vénielles, et ces fautes légères sont ainsi effacés.

Le pardon de ces fautes ne vient que médiatement de la grâce du sacrement ; le principe immédiat ou direct en est dans l’opus operandi, c’est à dire dans la coopération et dans les actes spirituels posés par celui qui communie. Si donc le communiant ne met pas à profit les secours particuliers de la grâce eucharistique pour produire des actes qui effacent le péché, il ne recueillera ce fruit, qui est la rémission des fautes vénielles, ni dans la réception du sacrement, ni après.

Si le communiant coopère, se détache de ses péchés et se repent – même imparfaitement -, l’eucharistie remet alors les péchés véniels ex opere operato. S’il n’y a pas ce détachement, l’eucharistie remet ces péchés ex opere operantis, en ce sens qu’elle confère la grâce de faire des actes surnaturels qui en méritent le pardon.
20. Quelle est l’efficacité de la communion eucharistique ?

Si la communion digne produit en notre âme une grâce de nutrition spirituelle, c’est-à-dire une grâce qui soutient en nous la vie surnaturelle, qui l’augmente, la répare et nous en fait jouir, elle produit cet effet comme tous les sacrements ex opere operato. Par cela même qu’elle est reçue en état de grâce, la communion produit ses heureux effets. C’est ex opere operato qu’elle remet les péchés véniels (ceux dont on se repent), augmente, nourrit et répare la vie spirituelle. Mais si l’eucharistie produit ses effets ex opere operato, il ne faut pas oublier que l’étendu des effets produits est proportionnée aux bonnes dispositions de celui qui communie. Il en est de l’efficacité de l’eucharistie comme de celle de tous les sacrements : c’est ainsi que certaines communions peuvent opérer une véritables transformations tandis que d’autres ne produiront que fort peu d’effets.

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