La Bible condamne-t-elle le progrès humain ?

mercredi 19 février 2014, par Paul Adrien d’Hardemare

En bref : La Bible ne condamne pas le progrès humain mais elle le relativise. Elle dénonce la fascination que le progrès peut exercer et les rouages pervers qui peuvent s’y adjoindre.

La recension et le groupement des découvertes préhistoriques dans la Bible est troublant : elle souligne le climat spirituel pour le moins nuancé dans lequel ces découvertes eurent lieu. Ainsi le groupement de ces découvertes en succession de héros fondateurs aboutit dans la Bible à décrire l’établissement et le progrès de la civilisation humaine dans une société marqué par le meurtre et la violence. Cette succession commence en effet avec Caïn, le premier meurtrier, et s’achève avec Lamech, homme violent par excellence et premier polygame :

Ada et Silla, écoutez ma voix, femmes de Lamech, prêtez l’oreille à ma parole : j’ai tué un homme pour ma blessure, et un enfant pour ma meurtrissure. Car sept sera vengé Caïn et mais Lamech soixante-dix fois sept fois (Genèse 4,24)

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Les saints patriarches
Icône russe 11e siècle

Le progrès n’est toutefois pas condamné de manière absolue et la Bible porte un jugement nuancé. Ainsi, la succession mentionné en Genèse 4 des patriarches fondateurs issus de Caïn, figure de la violence, semble comme reprise dans une autre succession, celle mentionnée en Genèse 5 et issue de Seth, figure de l’homme religieux.

En effet, la chronologie de Genèse 4 et la chronologie de Genèse 5, quoique issue pour la première de Caïn et pour la deuxième de Seth, montrent de telles similitudes que l’on est en droit de se demander s’il ne s’agit pas d’une même dynastie et d’une même civilisation, mais présentée de deux points de vue différents : soit du point de vue de la civilisation (et l’on aboutit à la violence de Lamech) soit du point de vue de la religion (et l’on aboutit à la justice de Noé dont Lamech disait :

Celui-ci nous consolera de notre tâche et de la peine de nos mains qui vient de ce sol qu’a maudit YHWH.

Au total, le progrès de la civilisation (symbolisé par la chronologie de Genèse 4) n’est pas décrit comme foncièrement mauvais, mais comme foncièrement incomplet et aboutissant de fait à la violence s’il ne se double d’un progrès moral (symbolisé par la chronologie de Genèse 5). On retrouve l’adage : science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

P.-S.

Trouvé sur Internet

One of the consistent biblical themes on technology is mockery. Sometimes it is subtle and ironic, and other times it is in-your-face sarcasm. [...]

Why mockery ? W. Brian Arthur notes in The Nature of Technology that we put our hope in technology, yet we mistrust it. Technology thus stirs two emotions in us : pride and fear. We can see pride and fear clearly at each side of a valley in 1 Samuel 17. As Goliath shouts his proud challenge, Saul and all Israel were “dismayed and greatly afraid” (v11, repeated in v24). Into the valley descends a mere boy with a mere slingshot, controlled by neither pride or fear, but filled with hope and trust in God : “You come to me with a sword and with a spear and with a javelin, but I come to you in the name of the LORD of hosts” (v45). If technology is about our own resourcefulness to increase our own power in achieving our own ends, then it is no wonder it tempts us to pride. Yet the suspicion that our tools are false gods who will betray our trust leads us to fear. Mockery seems to be the Bible’s great antidote to both these feelings. It is hard to be either proud or afraid of what we mock. Mocking our idols will lead our attention to God, in whom we can put both our hope and trust, and who is intent on achieving His ends without our resourcefulness.

God’s ultimate act of mockery against our technology was performed on the cross. It was a sophisticated and elaborate form of mockery with a technical name : hacking.

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