L’intention du ministre est-elle nécessaire à la validité du sacrement ?

samedi 26 juillet 2014, par theopedie

En bref : L’intention est nécessaire à la validité du sacrement : c’est par l’intention du ministre que les sacrements se rattachent à leur institution par le Christ d’où ils tirent leur efficacité sacramentelle.

Chaque ministre, au moment même où il accomplit un rite sacramentel, se met sous l’influence du Christ par son intention. Par cet acte libre, il se soumet à la causalité du Christ et accepte d’être un instrument de Dieu pour transmettre les mérites du Christ (ou au moins, dans le cas d’un ministre hérétique, il accepte de devenir passagèrement l’instrument de l’Église, servante du Christ, laquelle peut alors suppléer à sa foi).

Par là, les sacrements se rattachent au Christ : l’intention du ministre assure la cohésion de l’organisme sacramentel. En acceptant d’être l’instrument du Christ, les sacrements retrouvent leur origine dans le pouvoir d’excellence du Christ :

  • le Christ est l’instrument principal de Dieu pour dispenser la grâce ;
  • le ministre est l’instrument secondaire de Dieu ;
  • le sacrement en lui-même, instrument inanimé de Dieu.

On le voit, dans l’organisme instrumental, le ministre assure la médiation entre le Christ et les sacrement. D’où la nécessité de son intention. Cette nécessité intervient de manière précise dans la détermination spirituelle du sacrement.

I Cor. 4:1 : « Thus let man consider us as ministers of Christ and stewards of the mysteries [sacrament] of God. And what is required from a stewars is truthworthiness » Therefore he who confers the sacraments acts as a steward and minister of Christ, not in an undetermined way, but having been constituted as such by reason and liberty. And no one acts as a minister of Christ, unless he freely intends to do what Christ himself wills. Thus it is necessary that he who confects a sacrament, through his intention, subject himself to Christ, the principal agent of the sacrament. The Church however, as is plainly seen, conforms herself wholly to the will of Christ. And so he alone acts as a minister of Christ, who intends at least to do what the Church does [Cf. Jn. 20:21 : « As the Father has sent me, I also send you. » — Mt. 28:19 : « Going out therefore, teach all nations, baptizing them in the name of the Father, and of the Son, and of the Holy Spirit. » Cf. Lk. 22:19 ; Act. 2:38.].

Viva explique ainsi la relation entre intention du ministre, intendant de la grâce, et Jésus Christ (Dieu n’accorde la grâce que par son Fils : il faut donc se réclamer de lui pour qu’il exauce la prière de son Fils) : « nul ne peut agir comme intendant (ministre), à moins d’opérer selon l’intention de faire ce que veut faire son supérieur » (Non potest quis operari ut minister, nisi operatur cum intentione faciendi quod vult principalis).

Par là aussi, les sacrements échappent à la magie : ils ne fonctionnent pas seulement par une vertu matérielle (la structure verbale jointe à une matière donnée), mais aussi en fonction de l’intention du ministre. Leur efficacité ne dépend pas de la sainteté du ministre, mais de sa liaison à la fois institutionnelle et volontaire au Christ, ou à son Église qui entend accomplir la volonté de son époux.

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