L’intention du ministre doit-elle être morale ?

dimanche 27 juillet 2014, par theopedie

En bref : L’intention perverse procède du péché du ministre et nous savons que celui-ci-ci n’annule pas le sacrement. Donc l’intention perverse non plus. (Rappelons qu’il est ici question de la validité et non de la dignité du sacrement).

L’intention perverse ne pervertit que l’œuvre de son auteur, non celle d’un autre. L’intention perverse du ministre ne pervertit dans l’action sacramentelle que ce qui est l’œuvre du ministre, non ce qui est l’œuvre du Christ dont il est le ministre. C’est comme si un intendant avait une mauvaise intention en distribuant aux pauvres des aumônes que son maître lui aurait prescrites avec une intention droite. On peut encore comparer un tel ministre à un flambeau qui se consume lui-même en éclairant les autres.

Précisons : l’intention doit être morale en un sens minimum, à savoir, le ministre doit agir librement. Quant à la perversité de l’intention, elle peut porter :

  • sur le sacrement lui-même (par exemple pour se moquer de l’Église) et le sacrement n’est pas réalisé car le ministre n’a pas l’intention de faire ce que fait l’Église dans les sacrements ;
  • sur l’Église elle-même (par exemple, absoudre un péché tout en sachant que l’Église nous défend de l’absoudre) et le sacrement n’est pas non plus réalisé pour les mêmes raisons ;
  • sur les circonstances du sacrements (par exemple pour en retirer un avantage matériel ou pour manipuler quelqu’un) et le sacrement n’est pas annulé car la perversité de l’intention ne porte pas directement sur le sacrement.

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