L’intention du ministre doit-elle être explicite ?

vendredi 25 juillet 2014, par theopedie

En bref : Une intention implicite suffit (Rappelons qu’il est ici question de la validité, non de la dignité du sacrement, laquelle requiert une intention explicite).

L’intention doit exister de fait au moment de l’administration, de telle sorte que, sous son influence, l’homme administre le sacrement, en tant que cause instrumentale.

Le mieux est d’avoir cette intention consciemment (intentio actualis) au moment de la liturgie sacramentelle ; mais celle-ci n’est pas exigée, pourvue que l’administration se fasse sous l’influence de cette intention (intention implicite ou intentio virtualis). Cette dernière intention existe, par exemple, quand on se rend à la sacristie dans l’intention de dire une messe et que, lors de la consécration, on est totalement distrait, mais si cette distraction est involontaire.

Mais lorsque manque l’attention extérieure, on révoque tacitement l’intention d’administrer un sacrement et le sacrement n’est pas valide. L’attention extérieure fait défaut, quand on entreprend une action extérieure incompatible avec l’attention intérieure. Si l’intention correspondante que l’on s’était proposée n’a pas ou plus d’objet : par exemple, un prêtre consacrant du pain dans le délire de la fièvre sur sa table de malade, un enfant jouant à la messe. Suffirait encore moins pour la validité une intention que le ministre n’a pas et n’a jamais eue, mais qu’il aurait eue s’il y avait pensé (intentio interpretativa).

Enfin l’intention doit être circonstanciée et déterminée :

  • quant à l’action sacramentelle (le ministre doit vouloir réaliser le sacrement dans le cadre d’un ministère) ;
  • quant à la personne ou la matière (par exemple, si un prêtre n’entend consacrer que la moitié gauche des hosties présentes sur l’autel, l’intention n’est plus suffisamment déterminée) ;
  • quant à la situation du fidèle (l’intention peut alors être absolue ou conditionnelle s’il y a un motif raisonnable. Tout comme l’intention, la condition n’a pas besoin d’être exprimée verbalement, sauf pour si l’ordo liturgique le prévoit).

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